Deepwater, 4 ans après

Le 10 avril 2014 par Stéphanie Senet
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Zoom sur 14 espèces qui portent encore les traces d'une exposition aux hydrocarbures
Zoom sur 14 espèces qui portent encore les traces d'une exposition aux hydrocarbures

Une dizaine d’espèces marines portent encore les stigmates de la marée noire liée à l’explosion de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, le 20 avril 2010, dans le golfe du Mexique. Une compilation des études scientifiques, réalisée par la National Wildlife Federation (NWF), estime que la restauration des écosystèmes est loin d’être achevée.

 

«Le pétrole n’a pas disparu. Il y en a encore au fond du golfe, sur les plages et dans les marais», constate le chercheur Doug Inkley, qui a piloté le nouveau rapport du groupe environnemental NWF, publié le 8 avril.

 

Ces observations ne sont malheureusement pas surprenantes, puisque l’Alaska porte encore les marques du naufrage de l’Exxon Valdez, 25 ans après la catastrophe.

 

L’explosion de la plate-forme affrétée par BP a provoqué la pire des marées noires de l’histoire américaine: près de 5 millions de barils de pétrole brut (795 millions de litres) ont été relargués dans les eaux du golfe.

 

ECHOUAGES EN HAUSSE

 

La NWF, qui s’est focalisée sur 14 espèces, note que les échouages de grands dauphins (Tursiops truncatus) restent trois fois supérieurs à leur moyenne annuelle. 207 cétacés ont été retrouvés morts, l’an dernier, sur les plages des Etats côtiers[1], contre 63 par an, en moyenne, entre 2002 et 2009.

 

Le lien entre l’exposition aux hydrocarbures et la mortalité des dauphins, victimes d’une maladie pulmonaire et d’anomalies hormonales, a été clairement établi par les chercheurs de l’agence américaine des océans et de l’atmosphère (Noaa) en décembre dernier.

 

Le thon rouge (Thunnus thynnus) est également touché. En 2011, la Noaa avait estimé le potentiel de réduction de la population à 4% par an, en raison de la marée noire, alors que cette espèce est déjà victime de la surpêche (en chute de 82% depuis les années 1970 dans l’ouest de l’Atlantique Nord).

 

Plus récente, l’étude publiée dans Science le 14 février dernier montre que l’exposition au pétrole brut provoque chez les poissons une arythmie cardiaque.

 

De nécessaires recherches complémentaires

 

La marée noire a aussi provoqué l’échouage annuel de 500 tortues de mer entre 2011 et 2013 sur les côtes de l’Alabama, de la Louisiane et du Mississipi: 20% de plus que les moyennes observées avant 2010. Près de trois quarts d’entre elles étaient des tortues de Kemp (Lepidochelys kempii), une espèce en voie d’extinction selon l’Endangered Species Act, qui progressait à nouveau depuis ces 30 dernières années. Un retour stoppé net il y a 4 ans.

 

Le pélican brun (Pelecanus occidentalis) a été très fortement touché. Près des trois quarts des 826 oiseaux récupérés en mai 2011, après avoir été exposés aux hydrocarbures, sont morts.

 

Si les effets de la marée noire ont aussi été observés sur le crabe bleu (Callinectes sapidus), le plongeon huard (Gavia immer), les coraux, les huîtres, le vivaneau campêche (Lutjanus campechanus), ou le cachalot (Physeter macrocephalus), NWF recommande de mener des recherches supplémentaires, en priorité sur ces espèces. Mais ce ne sera sans doute pas avant des décennies que l'on connaîtra tous les effets de Deepwater sur la faune.



[1] Du Texas à la Floride

 



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