Deepwater: 2 millions de barils de brut au fond du golfe

Le 28 octobre 2014 par Stéphanie Senet
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La plateforme Deepwater a explosé en avril 2010
La plateforme Deepwater a explosé en avril 2010

La bataille de chiffres a commencé. Elle annonce une discussion de marchands de tapis où il sera question de très gros sous. L’issue du procès en responsabilité, qui verra bientôt BP s’asseoir sur le banc des accusés, dépend en partie du volume d’hydrocarbures qui a été rejeté en mer, suite au naufrage de la plate-forme pétrolière Deepwater Horizon, en avril 2010. Comme il fallait s’y attendre, les experts des deux camps se jettent des estimations à la figure.

Le pétrogazier britannique estime que 3,1 millions de barils de brut (493 millions de litres d’huile) ont été déversés dans le golfe du Mexique. De son côté, le gouvernement américain compte 4,9 millions de barils (779 Ml). Si l’on se souvient que le montant des dommages dépend de chaque litre d’huile rejeté en mer, on comprend l’enjeu de cette bataille.

BP vient de perdre une première bataille. Publiée le 23 octobre dans les comptes-rendus de l’académie américaine des sciences (Pnas), une étude évalue à 5 millions de barils (795 Ml [1]) l’ampleur de la marée noire. Sur ce volume, 2 millions de barils de pétrole (318 Ml) se seraient déposés dans les grands fonds de l’océan Atlantique.

C’est la première fois qu’une évaluation de la pollution des grands fonds est réalisée. «Les dépôts de pétrole en dehors de la zone immédiate du puits de Macondo, à l’origine de la marée noire, n’avaient pu être détectés jusqu’à présent en raison de leur dispersion géographique et de leur hétérogénéité», explique David Valentine, de l’Institut de science marine de Santa Barbara.

 

De 1.000 à 1.300 m de profondeur

Grâce au bio-marqueur hopane, les chercheurs des universités de Santa Barbara et d’Irvine (Californie) et de l’Institut océanographique de Woods Hole (Massachussetts) ont scruté la présence d’hydrocarbures dans plus de 3.000 échantillons. Ceux-ci ont été prélevés à 534 points différents du golfe, autour du puits Macondo, à des profondeurs allant de 1.000 à 1.300 mètres.

Les scientifiques ont évalué la surface contaminée à 3.200 kilomètres carrés, représentant de 4 à 31% de la zone touchée par du pétrole brut dans le fond du golfe.

Selon eux, les formes des dépôts sur les fonds océaniques montrent que des couches d’eau chargées en hydrocarbures pourraient avoir atteint les sédiments des zones côtières ou avoir plongé jusqu’à 1.700 m de profondeur.

Plus de 4 ans après la catastrophe, une dizaine d’espèces marines dont les grands dauphins (Tursiops truncatus) ou le thon rouge (Thunnus thynnus) portent encore les stigmates des hydrocarbures, affichant une mortalité supérieure à la normale, selon une compilation d’études scientifiques réalisée par la National Wildlife Federation (NWF).



[1] L’équivalent de la production française d’hydrocarbures liquides.

 



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