DEEE: les collectivités s'essaient à la collecte

Le 27 janvier 2006 par Christine Sévillano
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DEEE
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Lors de la journée technique sur les déchets des équipements électriques et électroniques (DEEE) organisée par l'Ademe et l'Astee, le 24 janvier, des collectivités locales ont présenté des expériences de collecte de ces déchets. Des résultats plutôt mitigés, et plus décevants en termes financiers.

Les collectivités locales vont être en charge, si elles sont volontaires, d'une partie de la collecte des déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE), une tâche déléguée par le décret du 20 juillet 2005 qui n’est que le reflet de la réalité. Actuellement, ce sont les collectivités qui récupèrent la plupart des DEEE. «La moitié des gros DEEE, à savoir les téléviseurs ou les réfrigérateurs se retrouvent dans la collecte des encombrants et la quasi-totalité des petits DEEE comme les rasoirs se retrouvent dans les sacs poubelles et les bacs des ordures ménagères», résume Rémi Guillet, président de la commission déchets et propreté de l'Association scientifique et technique pour l'eau et l'environnement (Astee). Mais la valorisation est loin d'être satisfaisante puisque les déchets terminent soit dans un incinérateur, soit dans une décharge, même si quelques appareils peuvent être dépollués. «Ce serait une erreur de ne pas s'appuyer sur les outils des collectivités locales, ce serait plus coûteux pour tous les acteurs», poursuit-il.

Certaines collectivités se sont déjà essayées à la collecte spécifique des DEEE comme la communauté de communes du pays de Lunel qui compte 13 communes pour près de 45.000 habitants. Elle a dans un premier temps fait des tests afin de mesurer le volume et la nature des DEEE. Les gardiens des 3 déchetteries les ont relevés pendant 6 mois. La communauté a ensuite choisi de mettre en place un dépôt volontaire d'appareils gris pour les administrés en déchetterie, qui ont été équipées d'une benne fermée pour les DEEE et d'une seule benne de passe, soit un investissement de 20.000 euros. Elle a aussi mis en place des équipements adaptés pour éviter les actes de vandalisme, en vain. Avantages: les administrés peuvent aller déposer leurs déchets sans contraintes horaires, et il s'agit du mode de collecte le moins onéreux, ce qui n'est pas le cas de la collecte en porte à porte. Mais les déchetteries n'ont pas été forcément conçues pour recevoir des bennes supplémentaires. En un an, la communauté a collecté 70 tonnes d'équipements gris, soit 1,57 kilogrammes par habitant et par an. 69% était constitués d'écrans et de moniteurs, 20% de petits électroménagers, 8% de périphériques et le reste de boîtiers d'ordinateurs. Obstacle: le coût de traitement des DEEE. Il est revenu à 383 euros la tonne, contre 90 euros si le pays de Lunel avait opté pour l'incinération.

Tentative plus interactive dans la communauté urbaine de Lille métropole, où une expérience de collecte en porte à porte a été menée dans 6 communes (sur 85) pour les personnes qui n'ont pas de véhicules pour emmener leurs DEEE suite à la suppression de la collecte mensuelle. Les requérants doivent appeler un numéro vert et déclarer la quantité et la nature des déchets permettant une meilleure traçabilité et une organisation des tournées. Si cette approche semble avoir l'approbation du public, il reste une inconnue. «Nous n'avons pas encore de retour sur les coûts, et notre échantillon est trop restreint. Nous allons pouvoir mieux les mesurer lorsque nous aurons étendu l'expérimentation à d'autres communes», reconnaît François Flamant de la communauté urbaine. Un argument que le Syndicat intercommunal de traitement des ordures ménagères (Syctom) de l'agglomération parisienne a relativisé. A la demande de la ville de Paris, il a en effet mis en œuvre une collecte des petits électroménagers (Pem) comme les rasoirs, les sèche-cheveux ou les cafetières (sans les pots en verre). Cela a nécessité des ajustements, car les centres de tri qui n'ont pas de pré-tri ne peuvent recevoir ce type d'appareils qui peuvent endommager les lignes de tri. «Résultat: nous n'avons pas que des Pem, nous avions des composants d'ordinateurs et d'autres appareils. Nous avons donc dû demander à nos prestataires de mieux valoriser ces équipements inattendus», affirme Laurence Lejeune, directrice de l'exploitation et de la prévention des déchets au Syctom. En fait, l'opération est plutôt décevante au niveau financière.

Autre initiative moins avancée: un réseau de déchetteries pour recevoir les encombrants dont les DEEE. Il s'agit d'un projet développé dans le cadre de la mission de prévention et de réduction des déchets attribuée au Syndicat mixte des Hauts-de-Seine pour l'élimination des ordures ménagères (Syelom) (1). Le département compte en effet chaque année 450.000 tonnes de déchets qui ne sont pas vraiment valorisés. Ainsi le Syelom propose de mettre en place tout un réseau de déchetteries, certaines seraient mobiles sur des camions qui seraient garés sur des espaces publics comme les places, les parkings, voire les voiries. Pour limiter leurs déplacements sur les routes franciliennes, les camions débarqueraient ensuite leurs déchets sur des barges placées sur la Seine, qui feraient également office de déchetterie mobile pour les riverains du fleuve. «L'idée est de permettre à nos administrés de parvenir à une déchetterie en moins de 10 minutes en voiture», explique Michel Mercier, conseiller technique au Syelom. Objectif: récolter 60.000 tonnes de déchets encombrants d'ici à 2009, dont 10.000 tonnes de DEEE pour alléger le Syctom de l'agglomération parisienne. Le Syelom table ainsi sur une récupération des DEEE de l'ordre de 8,5 kilos par an et par habitant. Il doit bientôt lancer un appel d'offre mais souhaite d'ores et déjà n'avoir qu'un seul prestataire. Reste à savoir si les coûts ne seront pas trop élevés…



(1) Comprend 30 communes sur 36, soit 1,2 million d'habitants.


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