DEEE: donnez pour réutiliser

Le 06 septembre 2011 par Célia Fontaine
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Remettre en état de marche des appareils usagés donnés pour les revendre sur le marché de l’occasion. C’est l’objectif que s’est fixé Eco-systèmes en partenariat avec Emmaüs France et Envie depuis 5 ans. Les deux entités ont présenté un bilan de leurs activités au cours d’une conférence qui s’est tenue à Paris aujourd’hui 6 septembre.
 
Eco-systèmes, l’éco-organisme agréé par les pouvoirs publics pour organiser la collecte, la dépollution et le recyclage des déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE) a noué en novembre 2005 un partenariat avec Emmaüs France. Les compagnons membres de ce dernier récupèrent les équipements électriques et électroniques issus des dons des habitants, les réparent, et les remettent ensuite en vente dans une des boutiques du réseau. Ce qui ne peut pas être réemployé est remis à la filière gérée par l’éco-organisme qui se charge du recyclage.
 
«En 2010, 24.000 tonnes ont été collectées, principalement grâce aux dons des consommateurs à Emmaüs, qui ont progressé de 12%. Au total, l’année dernière, 2.972 tonnes de DEEE ont ainsi été réemployées par Emmaüs, soit l’équivalent de 368.000 appareils (tous flux confondus: petits appareils, gros électroménager, etc.)», énonce Valérie Faillard. Ce qui est bien, mais encore peu par rapport au gisement existant. «Avec la crise, les gens préfèrent revendre que donner, et quand ils donnent ce n’est pas toujours récupérable», poursuit la déléguée générale adjointe d’Emmaüs France.
 
Côté gros électroménager, le réseau Envie,[1] qui est composé de 49 associations et entreprises d’insertion, réutilise les machines à laver et autres appareils de cuisson, collectés par les distributeurs. En 2010, 20.783 tonnes de gros électroménager ont été confiées à Envie en vue de réutilisation, soit 24 % du tonnage de ces appareils collectés par les distributeurs. «Nous sommes ici dans un secteur non marchand, avec une situation fiscale différente. Le personnel est en situation de réinsertion et les appareils remis en vente sont 25% à 30% moins chers que sur le marché», précise Richard Debauve, président de la fédération Envie. Pour aider les salariés à se former à la réparation des EEE, des guides interactifs ont été mis au point avec le soutien financier d’Eco-systèmes. «Utiliser des outils interactifs et technologiques redonne de la fierté et de la confiance aux salariés en difficulté, qui pourront mieux se réinsérer par la suite», souligne pour sa part Christian Brabant, le directeur général d’Eco-systèmes.
 
Autre point mis en avant par les acteurs de la réutilisation: la charte de réemploi pour les téléphones portables. Aujourd’hui, les taux de collecte des téléphones sont faibles. «C’est parce beaucoup de gens gardent leurs vieux portables dans un tiroir, parfois 4 ou 5. Au lieu de les garder ou de les revendre sur internet, il vaut mieux les laisser à la filière du réemploi!», insiste Dominique Mignon, directrice du développement d’Ecosystèmes. Dans cette perspective, une collaboration avec les fabricants, distributeurs et opérateurs de téléphonie mobile comme Orange, SFR ou Bouygues a été mise en place. Une charte propose des bonnes pratiques pour les opérations de réemploi des téléphones mobiles, notamment sur des questions de qualité et de traçabilité des téléphones réemployés. «Un cahier des charges technique veille à la qualité et la fonctionnalité des appareils revendus: il inclut l’effacement des données personnelles et une série de tests de fonctionnement des mobiles (appel, réception, clavier, appareil photo, etc.). La traçabilité est garantie par un reporting précis des quantités collectées et revendues», précise Dominique Mignon. Avec ce système, le consommateur qui remet son appareil usagé a la garantie que ce dernier entre dans une filière.
 

Les salariés des Ateliers du bocage (ADB), l’entreprise d’insertion d’Emmaüs, traitent 25.000 à 30.000 téléphones mobiles usagés par mois, mais il y a un potentiel de 50.000 par mois, selon le directeur des ADB Bernard Arru. Au 31 juillet 2011, 284.000 mobiles ont été traités.



[1] La fédération a été créée il y a presque 27 ans par les compagnons d’Emmaüs


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