Découpler vraiment création de richesse et émissions de CO2

Le 17 mars 2016 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Doubler  la part des ENR, c'est possible, et c'est rentable.
Doubler la part des ENR, c'est possible, et c'est rentable.
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L’économie mondiale ne se décarbonise pas encore. Mais elle peut le faire.

C’est une première depuis… 1975. En 2015, les émissions anthropiques mondiales de gaz carbonique ont stagné (à 32 milliards de tonnes par an, tout de même) quand repartait à la hausse la croissance économique[1]. Mieux, insiste l’Agence internationale de l’énergie (AIE), c’est la deuxième année consécutive qu’un tel phénomène se produit.

Faut-il y voir une amorce de découplage entre production de richesse et consommation d’énergie et donc émissions carbonées? C’est sans doute un peu tôt pour le dire. L’AIE ne s’y risque d’ailleurs pas. Dans son communiqué mis en ligne ce jeudi 17 mars, l’agence de l’OCDE met en exergue les facteurs conjoncturels à l’origine du découplage: une baisse de l’utilisation du charbon en Chine et aux Etats-Unis.

Les co-bénéfices du verdissement

Ironie de l’histoire, le même jour, l’agence internationale des énergies renouvelables (Irena) publie un vibrant plaidoyer en faveur, évidemment, des énergies vertes. Dans sa feuille de route, l’agence estime les co-bénéfices d’un verdissement du bouquet énergétique planétaire.

Selon l’agence d’Abou Dhabi, il est possible de faire passer, d’ici à 2030, de 18% à 36% la part de l’énergie primaire produite par les énergies renouvelables. Mieux, ce sextuplement du rythme actuel d’installation d’aérogénérateurs et autres panneaux solaires serait parfaitement rentable.

A l’appui de sa démonstration, l’Irena souligne qu’un accroissement de la production éolienne, photovoltaïque ou hydraulique permettrait notamment de réduire l’utilisation inefficace et toxique de biomasse, notamment en Asie et en Afrique. De quoi éviter le décès prématuré de 4 millions de personnes par an à l’horizon 2030, estime-t-elle. Les pays du G7 pourraient, de leur côté, réduire de 300 milliards de dollars (265 Md€) le montant de leur facture annuelle de pétrole et de gaz.

24 millions d’emplois

En investissant environ 290 Md$/an, l’Irena estime que la collectivité mondiale peut s’attendre à des retombées indirectes allant de 1.200 à 4.200 Md$/an (de 1.060 à 3.708 Md€) dans une quinzaine d’années. Cet investissement massif dans le renouvelables assurerait la création de 24 millions d’emplois, soit près de trois fois plus qu’aujourd’hui.

Cela mettrait enfin le monde sur la voie de la décarbonation de son économie et permettrait au secteur de l’énergie de réduire de moitié ses émissions de CO2 d’ici à 2050, par rapport à un scénario tendanciel (42 GtCO2/an).

 



[1] En 2014, le PIB mondial a progressé de 3,4% et de 3,1% l’année suivante.

 



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