Déclin alarmant des forêts primaires en Inde

Le 25 août 2010 par Thérèse Rosset
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Les forêts indiennes reculent dangereusement. La superficie des massifs non exploités par l’homme a diminué, en moyenne, de 2,42 % par an entre 1995 et 2005. Ces résultats sont le fruit d’une étude menée par des scientifiques de l’université James Cook en Australie et par leurs collègues de l’université indienne de Pondichéry, publiée par le journal américain « Conservation Letters ».

L’analyse contredit les bons chiffres du ministère indien de l’environnement et des forêts. L’an passé, il avait annoncé, dans un rapport, que la couverture forestière en Inde s’était étendue de presque 5 % durant la dernière décennie. « Ce résultat, techniquement juste, est mensonger », affirme l’étude intitulée « La destruction cachée des forêts indigènes indiennes », publiée le 16 août sur la librairie en ligne Wiley.

Selon les scientifiques, le gouvernement a failli en ne distinguant pas les forêts indigènes des plantations d’arbres. La surface totale de forêts a bien augmenté passant de 660.337 kilomètres carrés en 1995 à 690.250 en 2005. Mais ce verdissement est surtout imputable à l’accroissement de la surface des plantations forestières, qui est passée de 146.200 à 300.280 km² pour la même période (selon des données de la FAO).

En soustrayant les taux d’expansion des plantations à ceux de la couverture forestière totale, les scientifiques en ont déduit un net déclin des forêts primaires, qui seraient passées de 514.137 km² en 1995 à 389.970 en 2005. « L’Inde a déjà perdu 80 % de sa couverture forestière originelle », rappelle William F. Laurance, de l’université James Cook. Cette baisse continuelle des forêts indigènes, variant entre 1,5 et 2,7 % en fonction des années, est « alarmante ».

L’Inde cultive beaucoup d’espèces exotiques comme l’eucalyptus, l’acacia, le caoutchouc, le teck, le bambou, ou le pin. Et ce, surtout depuis 1992 grâce aux programmes gouvernementaux pour accroître la production de bois de feu ou reboiser les coteaux exposés aux glissements de terrain.

La coupe de bois destinée à la combustion est le premier « poste » de perte de forêt primaire. 247 millions d’Indiens dépendent essentiellement des forêts indigènes pour leur subsistance et deux tiers d’entre eux utilisent le bois comme source d’énergie (cuisine et chauffage). On estime à 94,6 millions de tonnes le volume de bois de feu coupé chaque année en Inde.

Les scientifiques souhaiteraient que les forêts primaires soient surveillées de plus près. D’autant que New Delhi a les moyens de faire mieux que d’observer les forêts de façon globale. « L’outil de télédétection indien (Indian Remote sensing-IRS) utilisé par le ministère de l’environnement pour récolter ses données forestières est capable de distinguer les plantations des forêts indigènes, mais cela requiert un effort supplémentaire », insiste l’équipe de chercheurs.

Seconde priorité selon les scientifiques, le remplacement du bois par des sources d’énergies alternatives comme le gaz naturel, le biogaz et l’électricité pour les populations rurales, particulièrement dans le centre du pays où les taux de déforestation sont les plus élevés.

 



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