Déchets: stockage et incinération bientôt saturés en Ile-de-France

Le 17 septembre 2019 par Stéphanie Senet
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
L'après stockage en question
L'après stockage en question

90% des capacités de stockage et d’incinération des déchets sont atteintes en Ile-de-France, selon le bilan dressé ce 17 septembre par la Direction régionale et interdépartementale de l’environnement et de l’énergie (Driee).

Si elle ne baisse pas sa production de déchets et n’améliore pas leur valorisation, la région francilienne pourrait bientôt se retrouver, comme la Corse, en mal d’exutoires. Selon le bilan annuel de la Driee, 90% des capacités de stockage et d’incinération ont été atteintes en 2018. «Alors que la région francilienne produit chaque année plus de 30 millions de tonnes de déchets, on constate qu’environ 80% des déchets enfouis pourraient être valorisés, en particulier les déchets du bâtiment», note Cédric Herment, chef du service Risques de la Driee.

 

Traitement des terres polluées et CSR

Première conclusion: les déchets pourraient être davantage orientés dans des installations de traitement des terres polluées, utilisées à hauteur de 40% seulement de leurs capacités, ou dirigées dans la filière des combustibles solides de récupération (CSR). «1,5 million de tonnes de refus de tri sont encore envoyés chaque année dans des centres d’enfouissement alors qu’ils affichent un haut pouvoir calorifique», explique Cédric Herment.

Deuxième conclusion: la valorisation matière reste en berne avec 37% seulement des déchets recyclés ou compostés en Ile-de-France selon la Driee. Un résultat à mettre sur le compte de mauvais gestes de tri en zone urbaine, d’une quasi-absence de tri des biodéchets par les gros producteurs et par un réseau insuffisant de déchèteries.

 

Harmonisation et sensibilisation

Un groupe de travail a été lancé au cours de l’été dernier avec l’Agence métropolitaine des déchets (ex-Syctom), l’Etat et les collectivités pour définir un schéma de collecte harmonisé à l’échelle francilienne. Les inspecteurs de la Driee sensibilisent de leur côté les industriels  au tri obligatoire des biodéchets (pour toute production annuelle supérieure à 10 tonnes) et des 5 flux (papier, métal, plastique, verre et bois). Obligatoire depuis le 1er juillet 2016, ce dernier reste peu répandu. «On en est encore au stade de la sensibilisation mais nous allons mener deux opérations coup de poing dans l’année à venir», affirme Cédric Herment. Des pistes qui ne sont pas intégrées dans le projet de loi sur l’économie circulaire.

 

Réduction des rejets et dépollution des friches

A la Driee, deux autres dossiers prioritaires sont par ailleurs sur la table. La réduction des rejets de substances dangereuses, tout d’abord, avec un accompagnement des industriels. L’incinérateur de Créteil, par exemple, a réduit de 90% ses émissions de mercure grâce à un nouveau système de filtration des effluents (40.000 euros d’investissement et 5.000€/an de frais d’entretien). La dépollution des friches industrielles ensuite. Selon la Driee, 8 procédures sont en cours d’instruction pour dépolluer 25 hectares de terrain en vue de les aménager.

 

L’an passé, les 120 inspecteurs de la Driee ont réalisé 1.237 inspections et 213 mises en demeures qui ont abouti à 31 amendes administratives, 49 procès verbaux et 7 suspensions d’activité. La région Ile-de-France compte environ 11.060 installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) dont 1.465 soumises à autorisation, 602 à enregistrement et 9.000 à déclaration. 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus