Déchets radioactifs: la Cour des Comptes demande une meilleure évaluation

Le 04 juillet 2019 par Stéphanie Senet
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La Cour des comptes demande une meilleure évaluation des alternatives
La Cour des comptes demande une meilleure évaluation des alternatives

En plein débat sur le Plan national de gestion des matières et déchets radioactifs (PNGMDR), la Cour des Comptes souligne la nécessité d’élargir les options prises en compte et de mieux anticiper les capacités de stockage.

10% du coût de production de l’électricité d’origine nucléaire. C’est ce que représente aujourd’hui le coût de stockage et traitement des déchets nucléaires en France. Mais il pourrait encore s’accroître. Pour les investissements liés à l’entreposage et au stockage[1], la facture s’élève déjà à 255 millions d’euros entre 2014 et 2017. Elle pourrait bondir à 1,4 milliard d’euros entre 2018 et 2030 et à près de 3 Md€ entre 2030 et 2050, selon le rapport publié ce 4 juillet par la Cour des Comptes. Cela engendrerait aussi une hausse de 90% des coûts d’exploitation entre aujourd’hui et 2050. Et ce n’est pas fini. Il faut encore ajouter les coûts de reconditionnement et d’entreposage des déchets dits «anciens», dont les dispositifs actuels ne répondent plus aux exigences de sûreté. Soit 7,8 Md€ au 31 décembre 2017 selon les CEA[2], EDF et Orano.

Cigeo rallonge la facture

Quant au projet de stockage en couche profonde Cigeo, il bat tous les records. Selon la dernière estimation, fixée par un arrêté du ministère de l’énergie en 2016, il s’élève à 25 Md€, dont 5 Md€ pour le seul coût de stockage éventuel des MOX et URE[3] usés. Mais la Cour des Comptes demande d’aller plus loin, avec une mise à jour des coûts selon les quatre scénarios de l’inventaire national des matières et déchets radioactifs et «une prise en compte plus réaliste des risques et opportunités du projet». Pour l’heure, les magistrats estiment à 69 Md€ les charges brutes futures de gestion des matières et déchets radioactifs ainsi que des combustibles usés.

Pour un meilleur débat

La Cour des Comptes préconise aussi de compléter l’inventaire national par le rapprochement entre les capacités d’entreposage et de stockage et les quantités actuelles. En plein débat public autour du PNGMDR[1], qui prend fin le 25 septembre, il est recommandé d’expliciter les interactions entre l’amont et l’aval du cycle du combustible nucléaire (de la production aux déchets) et d’allonger la mise en œuvre du Plan en tenant compte du bilan du débat public, aujourd’hui fixée à deux ans.

Plus largement, le gouvernement est sollicité pour renforcer la contre-expertise des données et des études transmises par les exploitants ainsi que la réalisation d’études coûts-bénéfices des scénarios d’évolution de la filière.

 

 

 



[1] Hors stockage géologique

[2] Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives

[3] Combustible à base d’oxyde d’uranium de retraitement ré-enrichi issu du recyclage du combustible à l’uranium naturel enrichi après son utilisation

 



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