Déchets nucléaires: Cigéo prend un an dans la vue

Le 18 juillet 2017 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'exploitation du futur centre de stockage géologique de Bure est repoussée d'un an.
L'exploitation du futur centre de stockage géologique de Bure est repoussée d'un an.
Andra

Comme suite aux préconisations de l’IRSN, l’Andra va améliorer la prévention du risque présenté par certains déchets devant être stockés dans le Cigéo. Ce qui repousse à 2022 les premiers coups de pioche.

 

Le stockage géologique des déchets nucléaires les plus dangereux n’est décidément pas un long fleuve tranquille. Dans un entretien accordé à l’AFP, le directeur général de l’agence nationale de gestion des déchets radioactifs (Andra) annonce décaler d’un an le projet de centre de stockage des déchets à haute activité et à vie longue (HAVL).

Plus de 40 ans de recherches. 1974: le rapport Gruson lance un programme de recherche sur les sites favorables à l’enfouissement ;  1984 : la commission Castaing prend position en faveur du stockage ; 1988 : début des recherches de sites menées par le CEA et le BRGM ; 1990 : moratoire ; 1991 : la loi Bataille prévoit 3 solutions possibles la transmutation, l’entreposage en surface et le stockage souterrain ; 2006 : la loi Birraux prévoit que le projet Cigéo soit adopté par le Parlement en 2015 ; 2016 : le Parlement vote la création, en 2025, de Cigéo à Bure.

Prévu mi-2018, le dépôt de la demande d'autorisation de construction (DAC) aura finalement lieu «mi-2019». L'instruction de cette demande devant durer environ trois ans, «cela repousse le début de la construction à 2022», ajoute Pierre-Marie Abadie, pour un lancement de la phase pilote autour de 2025.
Danger potentiel des déchets bitumineux

Cette décision n’a rien de surprenante. Elle découle tout naturellement de la publication, début juillet, de l’avis de l’institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) sur les options de sûreté du projet de stockage, présentées par l’Andra.

Dans sa note, l’IRSN mettait notamment en exergue le danger potentiel présenté par les déchets inertés dans du bitume. Un sujet identifié depuis une bonne dizaine d’années par les spécialistes. En France, le goudron est utilisé pour conditionner les boues radioactives générées lors du retraitement des combustibles usés.

Hydrogène, déformation du colis

L’effet du rayonnement radioactif sur ce type de colis conduit à la radiolyse du bitume induisant une production d’hydrogène, un gonflement potentiel de l’enrobé par accumulation de gaz. Avec à la clé, le débordement des déchets et l’émission d’hydrogène — gaz explosif — dans une alvéole fermée.

 «La conception actuelle du stockage ne permettant pas le stockage sûr des déchets bitumineux, l’IRSN estime qu’une solution de neutralisation de la réactivité des enrobés bitumineux préalablement à leur mise en stockage doit être privilégiée». À charge pour l’Andra de présenter, au plus tard lors du dépôt de DAC, des solutions d’inertage de ces déchets. Probablement à base de sulfure de cobalt, un inhibiteur de production de gaz de radiolyse. Environ 80.000 colis de ce type sont actuellement entreposés sur les sites de La Hague et de Marcoule.

Ce nouveau retard n’est pas pour inquiéter Pierre-Marie Abadie. Contrairement à l’évolution des oppositions sur le site de Bure. La guérilla judiciaire en cours est des plus classiques, souligne-t-il. Rien de comparable avec la contestation plus violente qui s’est développée ces derniers mois. «Il y a une tension permanente entretenue par des incivilités comme des dégradations de bâtiments, des tags, etc.», accuse-t-il.

 

Encadré chronologie

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus