Déchets: Le Havre fait le choix du transport fluvial

Le 05 août 2005 par Claire Avignon
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sevede le havre
sevede le havre

Depuis le mois d'avril, la communauté d'agglomération du Havre achemine ses déchets ménagers du centre de transfert vers l'unité d'incinération par voie fluviale. Un choix fait par les élus locaux avant même la construction de l'incinérateur.

Lorsque la communauté d'agglomération du Havre (Codah) et la communauté de communes de Port-Jérôme ont décidé de se regrouper pour construire une usine d'incinération commune chargée de remplacer les deux incinérateurs obsolètes et non conformes aux exigences ministérielles (1), il a aussi fallu prévoir deux centres de transfert des déchets ménagers (DM). C'est ainsi qu'a été créé le Syndicat d'élimination et de valorisation énergétique des déchets de l'estuaire (Sévède) qui gèrent les trois pôles: le centre de transfert du Havre  (environ 120.000 tonnes de DM par an -t/an), le centre de transfert d'Yvetot (12.000 t/an), ainsi que l'unité de valorisation énergétique (2), située à Port-Jérôme et dont la capacité de traitement atteint 192.000 t/an. Le choix de ces sites n'a pas été fait au hasard. «Port-Jérôme a une position géographique centrale, explique Etienne Charrier, ingénieur chef de projet pour le Sévède. La ville est située à mi-distance entre les deux centres de transfert. En outre, l'incinérateur se trouve dans la zone industrielle de la ville, ce qui pose moins de problème avec le voisinage. Et surtout, Port-Jérôme est proche du canal de Tancarville qui joint la Seine au Havre. Or, dès le début, les élus voulaient utiliser le transport fluvial entre le centre de transfert du Havre et l'incinérateur.»

Malgré cette préférence affichée, le centre a été construit pour pouvoir s'adapter à la fois au transport routier, ferroviaire et fluvial. «Nous avions fait une étude économique il y a quelques années montrant que le transport routier était légèrement moins cher, indique Etienne Charrier. Mais au moment de l'appel d'offres, seuls le ferroviaire et le fluvial ont été mis en concurrence. Les élus locaux ont en effet souhaité privilégier la qualité de l'air et l'absence de risque d'accidents sur les routes. Le choix final s'est porté sur le fluvial du fait de l'absence d'infrastructures pour le ferroviaire.»

Aujourd'hui, ce sont environ 30 conteneurs par jour qui font chaque soir le trajet d'une trentaine de kilomètres entre Le Havre et Port-Jérôme. C'est la Compagnie fluviale de transport (CFT) qui a remporté le marché d'une durée de 10 ans et d'un montant de 1,68 million d'euros. Les barges partent aux alentours de 17 heures et doivent au plus tard revenir au centre de transfert vers 13 heures le lendemain. «Tout se passe bien, continue Etienne Charrier. Depuis avril, nous nous sommes rodés. Par exemple, nous avions tablé sur un transport de déchets équivalent chaque jour, alors que le lundi et le mardi sont beaucoup plus chargés que les autres.»

Toutefois le transport entre l'unité d'incinération et le centre de transfert d'Yvetot n'a pu se faire ni par le fluvial (la Seine ne relie pas les deux villes) ni par le ferroviaire. «Ce dernier mode de transport n'est pas non plus adapté, car il s'agit d'un centre qui ne traite que 12.000 t de déchets par an Il suffit d'un camion qui amène à Port-Jérôme les 4 conteneurs quotidiens en effectuant plusieurs allers-retours.»



(1) Il s'agit des unités d'incinération du Havre et de Lillebonne

(2) L'UVE, dont la turbine a une capacité électrique de 17 MW, est mise en service depuis août 2004





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