Déchets du tourisme: l’envers du décor

Le 17 mai 2019 par Stéphanie Senet
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Nice, l'une des villes-pilotes, accueille 5 millions de visiteurs par an
Nice, l'une des villes-pilotes, accueille 5 millions de visiteurs par an

Mené pendant trois ans, le projet européen Urban Waste a permis de tester une vingtaine de bonnes pratiques de prévention des déchets auprès d’une dizaine de villes touristiques dont Nice, Copenhague, Florence et Lisbonne.

Ce que représentent les déchets du tourisme? «Impossible à dire», répond Maxime Kayadjanian, chef de projet Europe à l’Observatoire régional des déchets d’Ile-de-France (Ordif), partenaire du projet Urban Waste. Lancée en juin 2016, l’opération a débuté avec un état des lieux des déchets générés par les activités touristiques dans 11 villes d’Europe, dont Nice. Résultat: «Les flux de touristes et les systèmes de gestion des déchets sont si différents entre les métropoles qu’on ne peut pas aboutir à une typologie homogène», explique-t-il. Certaines produisent peu de déchets (Copenhague et Santander). D’autres découvrent seulement le tri (Florence).

Simples et efficaces

«En revanche, nous avons expérimenté 22 bonnes pratiques à mettre en œuvre avec les hôtels, les restaurants et les municipalités. Des mesures simples qui se sont avérées efficaces dans la très grande majorité des cas», poursuit Maxime Kayadjanian.

Au premier rang d’entre elles, la lutte contre les déchets plastiques a obtenu des résultats très nets. En remplaçant les dosettes de produits d’hygiène par des distributeurs automatiques, un hôtel lisboète a pu réduire de 20% en 5 mois l’ensemble de ses déchets.

Formation indispensable

Deuxième solution: la formation au tri des professionnels de la restauration et de l’hôtellerie a aussi permis de réduire le poids des poubelles. «La formation est indispensable. Malheureusement il existe un énorme turn-over des équipes dans ce secteur. Ce qui limite leur portée», nuance le chef de projet.

Difficile à évaluer, la promotion de l’eau du robinet fait pourtant partie des mesures prioritaires. Nice distribue environ 5.000 gourdes gratuites par an ainsi que des cartes localisant les fontaines publiques dans la ville.

Halte au gâchis

Quatrième et dernière bonne pratique: la lutte contre le gaspillage alimentaire a obtenu de très bons résultats. «La plupart des villes du projet ont joué le jeu. Des flyers ont été distribués pour sensibiliser les clients des restaurants, des ‘doggy bags’ ont été distribués, ainsi que des sacs pour rapporter les bouteilles de vin. Les déchets ont également été pesés de façon électronique dans les cuisines pour optimiser les menus», rapporte Maxime Kayadjanian. Ces recettes ont permis de réduire les déchets alimentaires de 30 à 50% en 5 mois dans trois hôtels-restaurants de Tenerife. Une baisse significative également enregistrée à Nice «grâce à la forte campagne de communication menée par la mairie qui a compris qu’elle allait être gagnante en réduisant la facture du nettoyage de la ville et de la gestion des déchets».

Deux exemples à ne pas suivre: la mise en place d’une application pour smartphones permettant aux touristes de gagner des cadeaux s’ils jettent leurs déchets dans le bon conteneur. Ou encore une opération de distribution de ‘doggy bags’ non accompagnée, à Florence, d’une campagne de communication.

Et pour les JO 2024?

Terminé fin mai 2019, le projet Urban Waste a bénéficié de 4,25 millions d’euros de l’Union européenne (programme Horizon 2020). Chaque ville-pilote a perçu de 90.000 à 180.000 €. Ses conclusions pourraient inspirer toutes les grandes villes touristiques d’Europe, Paris en tête à l’occasion des JO 2024. «Nous allons réunir les principaux acteurs pour lancer les pistes d’action», conclut Maxime Kayadjanian. Entre 15 et 20 millions de visiteurs sont attendus dans la capitale entre le 26 juillet et le 11 août.



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