Déchets du BTP: une filière à bâtir

Le 13 novembre 2008 par Victor Roux-Goeken
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Les performances de la filière des déchets du BTP sont plus que mitigées. Une tendance qu’il est urgent de modifier, vu les changements que vont engendrer le Grenelle et la directive-cadre européenne sur les déchets.

Le secteur du bâtiment et des travaux publics (BTP) est-il capable de recycler ses déchets? Il faudra bien qu’il y parvienne, puisque le BTP aura à respecter les échéances et les objectifs indiqués dans deux textes.

Ainsi, le Grenelle, dont «trois engagements concernent les déchets du BTP», rappelle Patrick Vaillant, chargé de mission sur les déchets du BTP à la Direction générale de la prévention des risques (DGPR) du Meeddat. Le premier rend obligatoires les diagnostics préalables aux chantiers de démolition «à partir d’un seuil de 1.000 mètres carrés de surface hors œuvre nette (Shon) (1)». Le second consiste en la création d’un futur instrument économique pour encourager la prévention de la production de déchets du BTP et le recyclage. Un groupe de travail piloté par la Direction générale du Trésor et de la politique économique (DGTPE) planche actuellement sur cet instrument. Le troisième souhaite rendre «obligatoires et concertés les plans de gestion des déchets du BTP, sous maîtrise d’ouvrage des conseils généraux».

Des engagements qui pourraient être concrétisés via le projet de loi Grenelle II. Permettront-ils pour autant de respecter la directive-cadre européenne sur les déchets? Rien n’est moins sûr. Celle-ci impose l’atteinte, en 2020, d’un objectif de recyclage de 70% en poids pour les déchets non dangereux du BTP. Une tâche d’autant moins facile que cet objectif est «à l’exclusion des matériaux géologiques naturels», selon la directive.

Avec une production de déchets de 343 millions de tonnes en 2004 –91% de la production française de déchets (2)–, dont 45% sont mis en décharge pour les activités travaux publics et démolition, selon Lydie Ougier, de l’Ademe, le secteur devra donc se mobiliser fortement. Et se concentrer sur les quelque 8 millions de tonnes de déchets non dangereux du secteur, dont «68% sont produits en mélange -et sont donc très difficiles à trier», observe Laurent Château, de la Direction déchets et sols de l’Ademe.

Cette caractéristique suppose un tri en amont important, puisque 72% des déchets non dangereux du BTP sortant d’une plate-forme de tri ne sont pas recyclés, selon une étude de l’Ademe réalisée en 2002 sur 26 installations de récupération et de tri. Il faudra aussi s’attaquer aux déchets dangereux du secteur, environ 4% du gisement, majoritairement composés de bois traité, pour lesquels n’existe pas de filière de recyclage. Toutefois, la filière ne part pas forcément perdante. L’étude a permis de constater que 91% des déchets récupérés par ces plates-formes provenaient du département. Et rend donc possible une gestion locale du gisement.

(1) La surface hors œuvre nette (Shon) d’une construction équivaut à la somme des surfaces de plancher de chaque niveau du bâtiment, moins la surface des locaux non aménageables.
(2) Hors déchets de l'agriculture, déchets organiques des industries agroalimentaires et déchets non dangereux des services


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