Déchets du BTP: une bombe à retardement?

Le 30 novembre 2011 par Stéphanie Senet
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Alors que les déchets du bâtiment et des travaux publics (BTP) forment de plus en plus de décharges illégales, leur valorisation devient urgente.
 
Le scandale environnemental de Limeil-Brévannes ne pourrait être que le début d’une longue liste. Des montagnes de déchets, principalement issus du BTP, ont en effet été observées dans d’autres communes françaises. 600 sites de dépôts sauvages ont été recensés dans les régions Poitou-Charentes et Aquitaine, selon un article de Sud-Ouest (1). «Vu le coût du recyclage, les gars ne se gênent plus.Ils préfèrent se pointer en plein jour pour déverser leurs saloperies au volant d'un camion sur lequel est pourtant inscrit en gros le nom de leur entreprise», raconte un gendarme spécialisé dans les enquêtes environnementales.
 
L’Ile-de-France compte aussi de nombreux points noirs. «Il y a d’importants volumes laissés à l’abandon près de Villepinte, Meaux, Villeparisis», a affirmé Erwan Le Meur de Paprec Chantiers, lors d’une conférence organisée le 29 novembre à Pollutec.
 
La raison principale tient au poids, très lourd, des déchets du BTP. Avec une production annuelle de 254 millions de tonnes (2), ils forment l’un des volumes les plus importants en France, avec les déchets agricoles. Il faut toutefois nuancer ces chiffres. 94% d’entre eux sont en effet des déchets inertes dont le recyclage est peu ou prou réalisé (environ 150 millions de tonnes chaque année). 100 millions de tonnes restent particulièrement problématiques.
 
La directive européenne du 29 novembre 2008 a pourtant fixé un objectif: atteindre 70% de valorisation des déchets du BTP d’ici 2020. On est loin du compte. Selon Erwan Le Meur, «la réglementation française, peu claire, n’est pas totalement appliquée (3). Au final, beaucoup d’installations de stockage de déchets inertes fonctionnent sans autorisation, et les pouvoirs publics manquent de moyens pour effectuer de réels contrôles».
 
Erwan Le Meur note aussi de grandes disparités de traitement selon les régions. Si Rhône-Alpes dispose d’une quinzaine de chaînes de tri spécialisées, l’Ile-de-France est à la traîne avec seulement deux unités.
 
L’association de collectivités Amorce a déjà tiré le signal d’alarme en juin dernier pour les déchets du bâtiment. Selon elle, «le maillage français d’installations de tri, de recyclage et de traitement est aujourd’hui insuffisant» [JDLE].
 
Petite avancée, la loi Grenelle II impose aux départements (à la région en Ile-de-France) de mettre en place des plans de prévention et de gestion des déchets du BTP d’ici juillet 2013.
 
 
 
(1)               http://www.sudouest.fr/2011/10/26/quand-le-btp-descend-ses-poubelles-536584-4628.php
(2)               Selon les chiffres 2008 du Commissariat général au développement durable. 38 millions de tonnes concernent le seul secteur du bâtiment.
(3)               Il s’agit en particulier de l’arrêté du 28 octobre 2010 sur les installations de stockage de déchets inertes
 


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