Décharge de la plaine de Carrières: l’Etat poursuivi pour carence fautive

Le 05 septembre 2019 par Stéphanie Senet
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Les dépôts sauvages de la plaine de Carrières-sous-Poissy s'étendent sur une trentaine d'hectares
Les dépôts sauvages de la plaine de Carrières-sous-Poissy s'étendent sur une trentaine d'hectares

Une association soupçonne l'Etat d'avoir laissé prospérer un trafic de déchets.

La plaine de Triel-Carrières-Chanteloup (Yvelines) est décidément vouée aux pollutions. Après l’épandage sur ses sols de boues d'épuration tout au long du XXè siècle, elle accueille désormais une vaste décharge sauvage de déchets du bâtiment. Soit environ 7.000 mètres cubes de déchets qui s’étendent sur une trentaine d’hectares –la décharge en comptant 1,5 ha- à seulement 800 mètres de la Seine. «Ces dépôts sauvages renferment de l’amiante et des tôles fibro-amiantées mais depuis que nous avons saisi, en juin 2017, le maire, le préfet et le président de la communauté urbaine, nous n’avons reçu aucune réponse», explique Anthony Effroy, président de RSNE.

Un réseau organisé

L’association, qui soupçonne un réseau très organisé alimenté par une quarantaine de chantiers franciliens, va déposer dans les jours à venir un recours en carence fautive devant le tribunal administratif de Versailles. «Cette décharge illégale représente une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE) qui relève donc de la compétence du préfet et non du maire en charge des dépôts sauvages d’une commune», précise Anthony Effroy. Le recours visera donc la carence fautive de l’Etat, dont le représentant n’a pas non plus accepté de lancer une étude sanitaire et environnementale, liée à la présence d’amiante et à l’incidence de la décharge sur la nappe alluviale.

Plainte sans suite

Ce n’est pas une première. RSNE avait déjà saisi le parquet de Versailles d’une plainte pour abandon de déchets et ICPE sans autorisation en avril 2018. Une plainte qui n’a pas donné suite.

«On sait précisément ce qu’il faut faire. Les opérations de dépollution sont évaluées à 3 millions d’euros selon la communauté urbaine Grand Paris Seine et Oise (Yvelines). Pourtant, aucun début d’action n’a été lancé», poursuit Anthony Effroy.



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