Pour se décarboner, Google change de bouquet énergétique

Le 12 octobre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Google a investi 3 Md$ dans les énergies renouvelables.
Google a investi 3 Md$ dans les énergies renouvelables.
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Google va ainsi passer des énergies renouvelables aux énergies décarbonées. Un véritable changement de bouquet énergétique.


Pas facile pour un groupe mondial, énergivore et en croissance, de conserver son statut de neutralité carbone. Et pourtant, c’est la prouesse à laquelle s’attelle Google depuis plusieurs années. A elle seule, l’entreprise, créée à l’aube du siècle par Larry Page et Sergueï Brin, est un ogre d’électrons. L’an passé, les calculateurs de la firme de Mountain View ont consommé 7,6 térawattheures (TWh): +22% en un an.

100% renouvelable
Officiellement, toute l’électricité consommée par Google est d’origine renouvelable. Ces dernières années, le groupe a investi 3 milliards de dollars (2,6 Md€) dans le capital de 25 fermes éoliennes (le plus souvent) ou solaires ou dans l’achat de la totalité de la production de ces installations. De quoi sécuriser l’approvisionnement des data centers.

Quelques imperfections

Satisfaisant sur le papier du rapport environnement, ce schéma souffre de quelques imperfections. Dans une longue note mise en ligne cette semaine, le moteur de recherche le plus célèbre du monde rappelle combien il est difficile pour une entreprise globale dont les activités ne s’arrêtent jamais de ne consommer que de l’électricité verte. La nuit, les panneaux photovoltaïques ne produisent pas plus que des éoliennes en panne de vent.

achats complémentaires

Pour remédier à ces interruptions de coupure, Google achète, bien sûr, de l’électricité ‘classique’ et un surplus d’électricité verte pour compenser les gigawattheures (GWh) produits par les centrales ‘fossiles’ qu’elle consomme immanquablement. Une obligation, quelle que soit le bouquet énergétique.

contre-exemples
A Taïwan, par exemple, il n’y a tout simplement pas assez d’électricité d’origine renouvelable disponible sur le marché local. Résultat: une partie des électrons verts achetés en Europe ou en Amérique du Nord servent à compenser le fossile de l’ex-Formose. Aux antipodes: la Finlande. La république scandinave produit l’une des électricités les moins carbonées d’Europe.
Pour autant, et malgré ces contrats d’approvisionnement, Google ne parvient pas à ne consommer que des électrons verts. Il est, en effet, moins cher et plus simple de compenser les 3% d’énergie (potentiellement) fossile consommée que de mettre en service des capacités éoliennes ou photovoltaïques, forcément surdimensionnées.

nouveau bouquet
Pour rationaliser son approvisionnement en électricité, Google n’entend pas en rester là. La firme va faire évoluer son bouquet énergétique. Plutôt que de se focaliser sur les énergies renouvelables, le G des Gafa va satisfaire son appétit énergétique en s’abreuvant en énergies décarbonées. Eolien et solaire ne seront, bien sûr, pas oubliés.

nucléaire et fossiles
Mais ils seront complétés par d’autres ENR (géothermie, hydroélectricité, biomasse), couplées à des systèmes de stockage. Google ne s’interdit pas non plus de conclure des contrats d’achat à long terme auprès d’exploitants de centrales nucléaires, voire de centrales au charbon ou au gaz. A condition que ces dernières disposent d’un système de captage-stockage de CO2. Tout un programme!



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