Décarboner l’industrie, c’est possible

Le 20 novembre 2018 par Valéry Laramée de Tannenberg
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
ajouter à mes dossiersRéagir à cet article
Au menu : efficacité énergétique, électrification, économie circulaire et énergies renouvelables.
Au menu : efficacité énergétique, électrification, économie circulaire et énergies renouvelables.
Honeywell Geismar HFC

En conjuguant efficacité énergétique, énergies décarbonées et économie circulaire, l’industrie lourde peut devenir neutre en carbone d’ici 2060, estime Energy Transitions Commission, un aéropage regroupant industriels, scientifiques et associatifs.

C’est l’un des messages du dernier rapport spécial du Giec[1]: impossible de stabiliser le réchauffement à 1,5°C si tous les acteurs économiques ne conjuguent pas leurs efforts pour décarboner la société. En son temps, l’ancien ambassadeur chargé du changement climatique, Brice Lalonde, parlait de la nécessaire constitution d’une ‘économie de guerre’ pour contrebalancer les effets du réchauffement.

6 mois de travaux

Les entrepreneurs ne reprennent pas à leur compte ce vocabulaire churchillien. Mais n’en pensent pas moins. Réunis au sein de l’Energy Transitions Commission britannique (ETC), des représentants d’énergéticiens, cimentiers, équipementiers, associations et universitaires ont phosphoré 6 mois durant pour imaginer les transformations à apporter aux principaux secteurs d’activité pour atteindre les objectifs fixés par l’Accord de Paris.

Première bonne nouvelle de leur rapport: l’industrie peut être ‘2°C compatible’ à condition de s’en donner les moyens.

technologies et électrification

Une décarbonation complète est techniquement possible grâce à des technologies existantes, même si certaines doivent encore sortir du laboratoire, estime l’ETC. Elle nécessite aussi une électrification des usages, des procédés de fabrication et des transports.

Cette électricité pourra se décarboner grâce à l’utilisation massive de l’hydrogène et des énergies renouvelables, biomasse en tête. Dans les secteurs où le carbone fera de la résistance (la production de ciment, par exemple), les experts recommandent l’installation de systèmes de captage-stockage de CO2 (CSC).

Coûts supportables

Autre bonne nouvelle: le coût total pour l'économie mondiale de cette transformation n’est pas exorbitant: moins de 0,5% du PIB d'ici le milieu du siècle. Il pourrait être allégé en améliorant l'efficacité énergétique, en développant l’économie circulaire et en réduisant l’usage des modes de transport très carbonés.

Pour accélérer ces changements, l’ETC appelle à la mise en place d’une ‘tarification du carbone adaptée’, ainsi qu’à des normes renforçant l’efficacité énergétique et l’intensité carbone des procédés industriels. Les industriels sont également ouverts à l’adoption de réglementation favorisant le recyclage des matières premières secondaires.

A la question que se posent les commentateurs politiques du moment (transition énergétique ou pouvoir d’achat?), les industriels répondent sans hésiter: les deux. Fabriquer une voiture en maximisant l’usage des métaux recyclés alourdirait son coût de 160 euros, indique le rapport. Transporter les éléments (tissus, fil, boutons en laiton) d’un jean en navire ‘bas carbone’ représente un surcoût inférieur au pourcent du prix du pantalon. Acceptable.



[1] Giec: Groupe d’experts international sur l’évolution du climat

 



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus