Débat sur le stockage des déchets à vie longue

Le 15 octobre 2004 par Enerpresse
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email

Le 13 octobre 2004, la Commission nationale d'évaluation des recherches sur la gestion des déchets nucléaires (CNE) présentait aux membres de la Commission locale d’information et de suivi ses conclusions sur la faisabilité du laboratoire de stockage de déchets à vie longue de Bure.

A l'évidence, les résultats des scientifiques ont fortement déplu. Durant deux heures, la CNE et son président, Bernard Tissot, ont dû affronter, devant la presse, des citoyens inquiets. «Selon votre rapport, le stockage devient inéluctable», a tonné le maire meusien, Claude Kaiser. «Vous avez donné le feu vert à l'Andra», a renchéri le conseiller général Jean-Luc Bouzon. Certains opposants au projet de stockage ont fini par déchirer le rapport de la CNE avant de quitter la préfecture de Bar-le-Duc.

Pour violente qu'elle soit, cette confrontation n'est guère surprenante. Car, voilà 13 ans que la CNE, l'Andra, les pouvoirs publics, les élus locaux et les opposants au laboratoire de Bure jouent à un jeu dangereux.

Suite à la loi Bataille, votée à la quasi unanimité en décembre 1991, l'Andra mène depuis des années, des études très approfondies sur l'argile de la Meuse. Le but de ces travaux, menés dans le cadre de l'axe 2 de la loi Bataille, étant de déterminer s'il est possible, en toute sécurité, d'enterrer à grande profondeur des déchets très actifs et à vie longue. Certes, l'agence issue du CEA a toujours affirmé que jamais le laboratoire, en cours de construction (c'est sa mission), ne contiendrait le moindre déchet radioactif. Toutefois, on peut penser qu'après avoir dépensé des milliards d'euros pour explorer sous toutes leurs coutures les argilites du Callovo-Oxfordien, la collectivité ne construira pas –si le Parlement le décide toutefois- de site de stockage définitif à un autre endroit que celui qui est cartographié au centimètre près.

En ouvrant le débat sur de telles bases, avant même que les parlementaires ne s'en saisissent, les pouvoirs publics prennent le risque de voir se révolter une partie de la population. Une situation qui, à la fin des années 1980, avait conduit le gouvernement Rocard à lancer son moratoire sur les recherches de sites de stockage.

POUR ALLER PLUS LOIN



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus