De Varsovie au Bourget: la longue marche a débuté

Le 08 novembre 2013 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Marcin Korolec, ministre de l'environnement polonais, ouvrira le sommet climatique de Varsovie.
Marcin Korolec, ministre de l'environnement polonais, ouvrira le sommet climatique de Varsovie.
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Deux ans avant la fatidique conférence de Paris, Varsovie accueille à partir du 11 novembre le sommet climatique mondial. Objectif: la définition d’une feuille de route encadrant les deux prochaines années de négociations. Pas gagné.

C’est lundi, jour anniversaire de la fin de la Grande guerre, que s’ouvrent, à Varsovie, de nouvelles hostilités climatiques. Certes, l’expression n’est pas endossée par les centaines de diplomates qui œuvreront, deux semaines durant, à un meilleur climat. Mais elle n’est pas exagérée non plus. Cette 19e conférence des parties à la convention de l’ONU sur les changements climatiques (COP 19) est pourtant des plus importantes.

Elle est l’avant-dernière avant le sommet de Paris (qui se déroulera sur les pistes de l’aéroport d’affaires du Bourget) au cours duquel doit, en principe, être conclu un accord mondial de lutte contre le changement climatique. Or nous en sommes loin. «On tourne autour du sujet depuis 18 mois. Il faudrait cristalliser les questions essentielles», se lamente l’un des négociateurs français.

Et des «questions essentielles», il y en a pléthore.

Lors de la conférence climatique de Cancun (2010), la communauté internationale s’est fixé comme objectif de stabiliser le réchauffement climatique à 2°C d’ici la fin du siècle. Le problème est de savoir comment y parvenir. Trois ans plus tôt, à Bali, les climatologues avaient montré la voie à suivre. D’ici 2050, les pays membres de l’OCDE devront abattre de 80 à 95% leurs émissions de gaz à effet de serre (GES), alors que les pays émergents devront significativement réduire les leurs.

Des désaccords sur tout

Fort bien, mais comment organiser cette transition énergétique, au niveau national? «Certains gouvernements plaident pour des objectifs nationaux contraignants, d’autres pour des objectifs sectoriels, d’autres encore pour des objectifs absolus que certains aimeraient transformer en buts relatifs», résume un expert.

Cet embrouillamini laisse supposer que «l’accord de Paris» pourrait intégrer plusieurs types d’objectifs de réduction d’émission de GES. «Ce qui posera un sacré problème en termes de règles de comptabilité des émissions», souligne ce bon connaisseur du dossier. Last but not least, rappelle un diplomate français: des pays, comme la Russie, préfèreraient que l’on modifie les règles de gouvernance avant de fixer des objectifs. Ce qui impose que les 193 pays ayant ratifié la convention de 1992 votent cette disposition comme un seul homme. Fort heureusement, il n’y a pas, là non plus, de consensus.

T’as pas 60 milliards?

A Varsovie, comme à chaque sommet climatique, on parlera aussi d’argent. Sans surprise, les pays émergents et en développement réclameront de l’argent aux pays du Nord. Il est vrai que ces derniers se sont engagés, de façon audacieuse, à débourser 100 milliards de dollars par an (74,8 Md€) dès 2020, pour les aider à s’adapter aux conséquences des changements climatiques. Trois ans après sa création, le Fond vert climatique n’a toujours pas été abondé par les pays riches. Pas grave: de toutes façons, il n’a encore ni siège, ni personnel. Sans attendre, les pays du Sud aimeraient que les pays riches s’engagent, cette fois, à leur verser 60 Md$/an (45 Md€) dès 2015. Il n’est pas certain qu’ils aient gain de cause.

Malgré ce sombre tableau, les Français restent d’un optimisme réjouissant. Le Quai d’Orsay a déjà détaché l’un de ses diplomates à Lima pour aider les autorités péruviennes à organiser le sommet climatique de 2014, où pourrait être rédigé le premier jet du texte à adopter un an plus tard au Bourget.

Lever l’obstacle polonais

Paris espère aussi convaincre Varsovie de laisser son intransigeance carbonique au vestiaire de l’histoire. La Pologne, leader du triangle de Visegrád (où l’on retrouve aussi Hongrie, République tchèque et Slovaquie), ne veut pas entendre parler d’engagements communautaires qui nuiraient à son secteur énergétique, gros utilisateur de charbon. Lors du prochain conseil européen de mars 2014, l’administration Ayrault souhaite que l’UE s’engage à abattre ses émissions de GES de 40% entre 1990 et 2030. Partagée par Berlin, l’idée est fortement combattue par la Pologne et ses alliés. Varsovie accueillera d’ailleurs le sommet mondial sur le climat et le charbon pendant la COP.

Réalistes aussi, les officiels français attendent un seul véritable résultat de la COP 19: une feuille de route, qui poserait les grandes étapes de la négociation jusqu’à celle de décembre 2015. Le projet d’accord finalisé étant espéré pour le printemps 2015. En attendant, ils essaient, avoue-t-on au Quai d’Orsay, «de recréer de la confiance, de créer les conditions qui permettent d’engager la négociation et à convaincre les pays du Sud que ceux du Nord



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