De nouveaux OGM pourraient être bientôt autorisés

Le 05 mars 2010 par Sabine Casalonga
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La Commission européenne va dans les prochaines semaines présenter une nouvelle demande d'autorisation de culture pour deux maïs OGM, malgré les critiques suscitées par son feu vert à la pomme de terre Amflora de l’Allemand BASF mardi 2 mars(1), selon une dépêche AFP du 4 mars.

Il s’agit des maïs BT 11 du groupe suisse Syngenta et BT 1507 du groupe américain Pionner, deux rivaux du MON 810 de l'Américain Monsanto, dont l’autorisation de 1998 n’a pas encore été renouvelée. Ce revirement de la Commission Barroso II, qui n’avait pas lancé une telle autorisation depuis 1998, s'appuierait sur la nouvelle position de l’Allemagne, plus favorable aux OGM depuis l'arrivée des libéraux dans la coalition gouvernementale.

Par ailleurs, BASF a annoncé qu’il allait déposer d'ici 2011 des dossiers d’autorisation pour la culture de deux autres pommes de terre transgéniques. La première, baptisée Fortuna et destinée à l'alimentation humaine, contient des gènes de résistance au mildiou [une maladie de la pomme de terre, ndlr]. Des essais concluants en plein champ ont déjà été réalisés en Allemagne, aux Pays-Bas, au Royaume-Uni, en Suède et en République tchèque. L’autre pomme de terre destinée à la production industrielle d'amidon pourrait succéder à Amflora. Le groupe allemand a toutefois indiqué qu’il «n’avait pas prévu à ce jour de proposer [Amflora] aux industriels français», et «souhaitait tenir compte des particularités et des demandes de chaque pays». Sa culture pourrait être lancée en Allemagne, aux Pays-Bas, en République tchèque et en Suède.

Lors d’un séminaire organisé hier sur l'expertise et les conflits d'intérêts à Bruxelles (2), l’eurodéputée Corinne Lepage a mis en cause la responsabilité du président Barroso, du commissaire à la santé John Dalli et de la directrice de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Aesa), Catherine Geslain-Lanéelle, pour laquelle «la question de sa démission est posée en raison de l'insuffisance des procédures d'évaluation de l'Aesa et les conflits d'intérêts qui peuvent exister au sein du panel OGM de cette agence». Ces soupçons ont été alimentés par la révélation fin janvier du cas de Suzy Renckens qui a quitté la tête du groupe OGM de l’Aesa pour rejoindre la firme Syngenta en mai 2008. Corinne Lepage a également demandé que les données sur Amflora soient rendues publiques et que les règles de l’expertise soient revues, conformément aux conclusions du Conseil européen de 2008, toujours pas mises en œuvre.

Le groupe des Verts/ALE européens a par ailleurs informé qu’il réitèrerait sa demande pour la tenue débat sur les OGM lundi 8 mars, suite au rejet d’une première requête le 4 mars.

(1) Dans le JDLE «Feu vert de la Commission à la culture d’un OGM»
(2) Colloque «Santé, l’expertise en question: carences d’évaluations et conflits d’intérêts», organisé par trois eurodéputés ADLE dont Corinne Lepage, le Comité de recherche et d’information indépendant sur le génie génétique (Criigen) qu’elle préside, la Fondation Sciences Citoyennes et le Réseau européen des scientifiques pour une responsabilité sociale et environnementale



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