De la Mayenne à l’Afrique de l’Ouest, les PCB contaminent

Le 24 janvier 2011 par Célia Fontaine
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Dans un communiqué du 21 janvier, la préfecture de la Mayenne révèle que des traces de polychlorobiphényles (PCB) au-delà de la norme réglementaire ont été retrouvées sur un échantillon de lait. Beaucoup plus loin, en Afrique de l’Ouest, une équipe de chercheurs a relevé sur la côte la présence de PCB à des niveaux anormalement élevés.

A l’origine de ces pollutions, les déchets industriels contenant des PCB (principalement comme fluides diélectriques, c'est-à-dire comme huile) dans les transformateurs et les condensateurs, mais également dans certains radiateurs ou autres équipements électriques (dans le JDLE). Ces polluants organiques persistants (POP) sont interdits par la Convention de Stockholm[1]. Ils peuvent favoriser le développement de cancers et entraîner des problèmes de fertilité ou encore de croissance.

En France, le plan national de décontamination et d’élimination des appareils contenant des PCB, approuvé par l’Etat en 2003, ordonnait aux détenteurs d’appareils électriques susceptibles d’être pollués de faire traiter leurs transformateurs ou condensateurs par des entreprises agréées avant le 31 décembre 2010. Mais nombreux sont ceux qui n’ont pas respecté cette échéance.

A Grez-en-Bouère (Mayenne), un producteur de lait a dû suspendre ses livraisons après que des traces de PCB ont été découvertes sur un échantillon. Les services de l’Etat avaient publié en début d’année une étude sur l'impact environnemental de l'usine Aprochim, spécialisée dans la collecte et le retraitement de déchets industriels contaminés aux PCB.

Onze autres exploitations agricoles, situées dans un rayon de trois kilomètres autour de l'établissement, ont également fait l'objet de contrôles. « Les résultats des analyses visant à mesurer la somme de dioxine/PCB dioxin-like sont inégaux », note la préfecture. Si dans huit exploitations les échantillons de lait présentent des résultats inférieurs au seuil d'investigation (qui est de 2 picogrammes par gramme de matière grasse - pg/g MG - selon les recommandations européennes), dans deux autres, l'analyse révèle une valeur légèrement supérieure à 2 pg/g MG. Enfin, dans les deux dernières exploitations, les résultats sont proches ou légèrement supérieurs à la valeur-limite de 6 pg/g MG (5,91 pg/g et 6,41 pg/g).

Au vu de ces résultats, les services de l’Etat ont prescrit des mesures conservatoires à la société Aprochim : celle-ci doit réduire de moitié l’activité de l'établissement « afin de diminuer les émissions de PCB dans l'air jusqu'à la mise en œuvre de nouvelles dispositions garantissant un niveau d'émission réduit », précise le communiqué.

Des campagnes de prélèvements et d'analyses des différents milieux (eaux, herbe, air...) vont se poursuivre et des prélèvements périodiques sur le lait vont être effectués. De nouvelles analyses sont prévues sur la viande des élevages bovins, caprins et avicoles des exploitations proches de l’usine.

La commission locale d'information et de surveillance (Clis) se réunira dans un délai de deux mois pour un point sur l'évolution de la situation.

Les côtes de l’Afrique de l’Ouest, région normalement pas sujette à la pollution aux PCB, sont elles aussi touchées. Selon les chercheurs qui ont détecté des niveaux anormaux, le gigantesque cimetière de bateaux qui se trouve le long des côtes mauritaniennes serait à l’origine de la contamination. Outre les navires échoués, les nombreux déchets électriques et électroniques (DEEE) en provenance des pays développés et envoyés dans les pays d’Afrique y sont pour beaucoup.



[1] signée le 22 mai 2001, entrée en vigueur le 17 mai 2004. Elle a été signée par 151 pays et ratifiée par 127. L’Union européenne est partie à la Convention (18 novembre 2004).



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