De la difficulté pour les téléviseurs à s’éteindre écologiquement

Le 11 juin 2008 par Claire Avignon
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Lors d’une conférence, les industriels des matériels audiovisuels sont revenus sur les spécificités de la filière des écrans en fin de vie, qu’ils soient plasma, LCD ou à tube cathodique.

Cela fait 3 ans que la France s’est mise en conformité avec la directive sur les déchets électriques dits DEEE (1). Et pourtant, déposer sa télévision dans la filière adéquate (via la distribution ou le réseau de déchetteries) est encore loin d’être un réflexe chez les Français. Seuls 20% des 5,5 millions de téléviseurs en fin de vie ont été collectés et recyclés correctement l’année dernière. Conséquence: 96.000 tonnes ont atterri en décharge ou dans un incinérateur, alors qu’environ 90% auraient pu être recyclés.

Lors d’une conférence organisée le 10 juin, le Syndicat des industries de matériels audiovisuels électroniques (Simavelec), par la voix de son vice-président Laurent Abadie, a indiqué vouloir collecter «à long terme» 100% des téléviseurs en fin de vie. Les objectifs à moyen terme sont de 50% en 2009 et 70% en 2013. Des taux plus difficiles à atteindre que pour d’autres types de DEEE: «Dans le cas du gros électroménager, la collecte s’organise via la distribution. On se débarrasse de son réfrigérateur au moment où l’on s’en fait livrer un neuf. Dans le cas des écrans, on n’attend pas forcément la fin de vie de sa télé pour en racheter une. On réutilise alors l’ancienne, par exemple pour une chambre, et on ne sait pas ce qu’elle devient par la suite. La distribution n’a donc pas la main», analyse Laurent Abadie.

Les éco-organismes chargés de la filière des DEEE (Ecologic, Eco-systèmes et ERP) et Simavelec ont deux angles d’attaque pour s’approcher des 100% de collecte: augmenter le nombre de points de collecte de 10.000 à 15.000 et mieux informer le grand public de l’existence de la filière.

Ils auront alors à gérer un marché en pleine mutation: le nombre d’écrans en fin de vie va passer de 5,5 millions d’unités aujourd’hui à 6 millions en 2013, à cause du désir des foyers de s’équiper d’un écran plat. Les technologies LCD et plasma devraient représenter 50% des écrans en fin de vie dès 2013.

Les coûts de la filière, financés par les fabricants et les importateurs de télévisions, croîtront en conséquence de 15 millions d’euros en 2007, et 30 millions en 2008 à 100 millions d’euros à terme. Les frais unitaires vont également augmenter: une tonne de téléviseurs à tube cathodique vaut entre 600 et 700 euros à collecter et traiter. «Pour les écrans plats, on observe deux postes de surcoût: le temps de main d’œuvre, supérieur de 50% à cause des multiples vis qui doivent être retirées, et le traitement des tubes de rétro-éclairage», explique Jacques Desproges, PDG de Terra. Le premier surcoût pourrait baisser si l’industrie réussissait à automatiser une partie du démantèlement.

Les éco-organismes et les industriels du recyclage doivent gérer une dernière difficulté: le seul débouché pour recycler le verre des tubes cathodiques est... la fabrication des télévisions à tube cathodique. Un marché qui tombe en désuétude dans le monde entier. «On cherche de nouveaux débouchés, en isolation thermique ou dans l’industrie céramique», continue Jacques Desproges. «Aucune piste n’est la panacée», précise Christophe Pautrat, directeur général d’ERP.


(1) Grâce à la publication d’un décret publié le 20 juillet 2005


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