De la biomasse locale, collaborative et adaptée aux ressources

Le 19 juin 2013 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
La biomasse, du bois d'oeuvre à la cendre.
La biomasse, du bois d'oeuvre à la cendre.
DR

La biomasse est une énergie renouvelable mal aimée des pouvoirs publics, qui consacrent «85% des soutiens financiers pour les renouvelables à l’éolien et au photovoltaïque», a rappelé Sophie Rohfritsch, co-rapporteure d’un rapport d’information sur le sujet, présenté ce matin devant la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale. Pourtant, a rappelé la députée UMP d’Alsace, «aujourd’hui la biomasse produit à elle seule les deux tiers des énergies renouvelables en France». «La biomasse est un sujet ignoré, alors que c’est l’un des fondements de la transition énergétique», a déploré François-Michel Lambert, député EELV des Bouches-du-Rhône, lui aussi co-rapporteur du rapport. Il a évoqué les «6 F» de la biomasse, pour ses usages aux fourneaux, comme fourrage, en tant que fibres, pour la fumure du sol, la regénération de la forêt et, enfin, son usage comme fioul.

 

C’est le bois-énergie qui caracole en tête, en fournissant 46% de l'énergie renouvelable, soit 9 fois plus que l'éolien et 40 fois plus que le solaire. Viennent ensuite les biocarburants (10%), les déchets ménagers (6,4%), le biogaz (1,8%) et les résidus agricoles (1,8%). Au fil des 7 propositions formulées en conclusion de leur rapport, deux axes principaux se sont dégagés de la présentation des deux élus: la nécessité de soutenir le développement de la filière biogaz et l’ajustement de la taille des projets aux conditions locales.

 

«La méthanisation agricole et le biogaz sont des perspectives importantes, peu présentes dans l’esprit du grand public», a déploré Sophie Rohfritsch. Les 4 sources possibles de production de biogaz ont été rappelées: valorisation des ordures ménagères et des effluents industriels, digestion des boues d’épuration, et méthanisation à la ferme. «Il faut veiller à ne pas développer les conflits d’usage et ne pas suivre à tout prix l’exemple allemand: certains agriculteurs outre-Rhin, trop incités, décident de ne plus cultiver qu’en fonction de ce qu’ils ont à brûler ou à transformer en biogaz», a expliqué la députée du Bas-Rhin. François-Michel Lambert a souligné que l’Institut national de recherche agronomique (Inra) est le premier producteur du monde de brevets autour de la méthanisation. Un atout à développer, puisque le biométhane est voué à remplacer en grande partie le gaz naturel traditionnel à l’horizon 2050.

 

«La biomasse doit être systématiquement pensée comme une ressource rare», a insisté François-Michel Lambert. «Donc, il faut y apporter la performance énergétique la plus élevée.» Et de citer le crédit d’impôt pour le renouvellement des foyers ouverts à faible rendement énergétique; ce rendement tourne autour de 10%, «alors que des matériels permettraient de monter à 60%». Mais ce qui préoccupe surtout le député écologiste, ce sont les projets surdimensionnés, qui rendent très difficile de «stabiliser l’approvisionnement en bois». En ligne de mire, le projet d’E.ON à Gardanne –la circonscription de François-Michel Lambert- qui doit avaler à terme près d’un million de tonnes de bois par an, pour produire de l’électricité (30% de rentabilité), sans cogénération. «Ce n’est pas le bon format pour la biomasse énergie», a estimé l’élu, qui retient plutôt les projets locaux, collaboratifs et adaptés aux ressources locales. Même écho chez sa collègue UMP, qui veut privilégier la transformation «au plus près du lieu de production pour garder un bon bilan carbone».

 

La question des agrocarburants, pourtant inclus dans le périmètre du rapport, a été quelque peu laissée de côté par les parlementaires. Les 3 milliards d’euros de subventions publiques reçues entre 2005 et 2011 alliés à un «intérêt environnemental douteux», a fait réagir François-Michel Lambert, qui a réaffirmé qu’il s’agissait «d’abord [de] nourrir les hommes avant les voitures», causant un certain émoi parmi les députés présents.

 

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus