De l’utilité du plutonium britannique

Le 07 décembre 2011 par Valéry Laramée de Tannenberg
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Le Royaume-Uni ne sait plus que faire du plutonium (Pu) que produisent ses 18 réacteurs nucléaires. Ce qui n’est pas sans poser quelques problèmes de sûreté et de gestion des deniers publics.

 
Actuellement, le stock de cette matière fissile dépasse la centaine de tonnes. Jusqu’à présent, les Britanniques pensaient le transformer en combustible mixte oxyde d’uranium-plutonium (le Mox) pour fournir les réacteurs japonais «moxés». Pas moins de 10 exploitants nippons de centrales nucléaires avaient accepté le deal. Mais c’était avant Fukushima.
 
Depuis la catastrophe du 11 mars, le nucléaire n’est plus tendance dans l’Empire du soleil levant et moins encore le plutonium, de sinistre mémoire sur l’archipel.
 
Que faire? Plusieurs options s’offrent à Londres. D’abord, relancer la production de Mox de l’usine de Sellafield. Hélas, cette installation concurrente de La Hague n’a jamais fonctionné correctement. Elle n’a produit que 2,5% du tonnage initialement prévu. De plus, la fabrication du Mox est 5 fois plus chère (en cette période d’uranium bon marché!) que celle du combustible classique.
 
Qu’à cela ne tienne, réplique le ministre britannique de l’énergie. La semaine passée, Charles Hendry a proposé de construire une nouvelle usine de recyclage. Cette mini-version de l’usine Melox française pourrait tout de même coûter 3 milliards de livres (3,5 milliards d’euros). Reste à savoir qui réglera l’addition et quelles centrales «brûleront» le Mox made in UK?
 
Autre possibilité, laisser le plutonium «sur étagère» en attendant l’ouverture d’un centre de stockage géologique des déchets radioactifs à vie longue et à haute activité. Malheureusement, ce site ne devrait pas être inauguré avant 2075.
 
Last but not least: le consortium General Electric Hitachi propose de construire un petit réacteur (500 mégawatts) refroidi au sodium de 4e génération. Ce Prism, que les deux industriels tentent aussi de vendre aux Etats-Unis, pourrait consommer presqu’autant de plutonium qu’il n’en produirait. Magique!


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