DCE: le rôle des organismes de recherche

Le 20 février 2008 par Agnès Ginestet
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En France, différents établissements publics aident à la mise en œuvre de la directive-cadre sur l’eau (DCE) sur le terrain, que ce soit en élaborant des indicateurs pour mesurer la qualité des eaux ou en aidant à la mise en place des méthodes de surveillance.

Ineris, Cemagref, BRGM, LNE, Ifremer (1): ces établissements publics constituent Aquaref, laboratoire national de référence de l'eau et des milieux aquatiques créé en mai 2007 par le ministère chargé de l'environnement pour contribuer à l'application de la DCE. Il est chargé d'«assister les autorités publiques et les intervenants techniques (Agences de l'eau, Directions régionales de l'environnement (Diren), collectivités locales,…) dans la définition et la mise en oeuvre des programmes de surveillance des milieux aquatiques dans les domaines de la chimie et de l'hydrobiologie».

L'Ineris travaille notamment sur la révision, tous les quatre ans, de la liste des substances chimiques à surveiller concernant l'état chimique des eaux. «Chaque Etat-membre doit produire une liste pertinente sur son territoire. Chez nous par exemple, les pesticides sont pertinents, mais pas forcément ailleurs», explique Anne Morin, de l'Ineris. Selon Manuel Sarraza, de l'Agence de l'eau Seine-Normandie (AESN), certaines substances comme le chloroalcane n'ont pas de méthode d'analyse normalisée.

De son côté, le Cemagref travaille sur les indicateurs de l'état biologique des eaux, qui permettent de mesurer les écarts avec l'état de référence des masses d'eau. «Les bio-indicateurs sont comme des recensements de populations (…) Ce sont des organismes vivants que l'on cherche à mettre en relation avec des facteurs environnementaux liés à l'activité humaine créant une dégradation du milieu», explique Jean-Gabriel Wasson, référent DCE au Cemagref. Par exemple, l'indice poissons, ou encore l'indice diatomées, des algues microscopique que l'on trouve dans nos rivières. «Les indicateurs français de diatomées sont particulièrement utilisés en Scandinavie ou encore en Espagne», fait remarquer Michel Coste, spécialiste des diatomées au Cemagref.

Des groupes de travail européens travaillent actuellement sur l'harmonisation des méthodes d'évaluation de l'état écologique des eaux. «La première phase d'inter-calibration, notamment sur les invertébrés, s'est achevée en 2007. Il reste encore à faire, en particulier sur les macrophytes (plantes aquatiques de grande taille, ndlr)», indique Didier Pont, du Cemagref Aix-en-Provence, qui a mis au point un indice poisson développé à l'échelle de l'Europe. Selon lui, à terme, les pays européens finiront par avoir des méthodes communes, «mais dans 15 ans». «Il est extrêmement important que tous les Etats évaluent l'état des eaux de la même façon», ajoute-t-il.

Le BRGM intervient quant à lui sur les eaux souterraines, qui sont suivies chimiquement, mais aussi quantitativement via des réseaux piézométriques. Il a été maître d'ouvrage pour la création ou la réhabilitation de stations de mesure. Les résultats obtenus dans le cadre de la surveillance sont rassemblées nationalement dans la banque nationale d'«accès aux données sur les eaux souterraines (Ades).



(1) Ineris: Institut national de l'environnement industriel et des risques; Cemagref: Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement; BRGM: Bureau de recherches géologiques et minières; LNE: Laboratoire national de métrologie et d'essais; Ifremer: Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer




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