Davantage de crues dans le nord de la France en 2070

Le 29 novembre 2016 par Stéphanie Senet
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La Seine en crue le 3 juin dernier
La Seine en crue le 3 juin dernier

Le réchauffement climatique va multiplier les événements climatiques extrêmes en France, et en particulier les crues, estiment les scientifiques réunis ce 29 novembre à Paris à l’occasion du colloque Météo et Climat.

 

Pour connaître l’impact du changement climatique sur les précipitations et les crues, il faut ‘zoomer’. Si le dernier rapport du Giec[1] montre une hausse moyenne des précipitations de 10 à 20 millimètres par décennie entre 1901 et 2010 dans certaines régions du globe -notamment en Europe, Amérique du Nord et Australie- cette tendance ne se confirme pas partout. Loin s’en faut. Mais qu’en est-il dans l’Hexagone?

Un maillage trois fois plus précis
Alors que le dernier rapport du Giec, publié en 2013, utilisait un maillage géographique de l’ordre de 150 kilomètres, le prochain rapport sera basé sur des modèles trois fois plus précis, de l’ordre d’une quarantaine de kms. «C’est le maillage approprié à l’échelle régionale mais pour l’ensemble du monde», a affirmé le climatologue Serge Planton. Avec ce type d’échelle, on peut prévoir l’arrivée de cyclones sur le Japon.

Fracture Nord Sud

 

«En France, plutôt qu’une hausse générale, on a assisté à une fracture du territoire entre le Nord et le Sud. Entre 1959 et 2009, les précipitations ont eu tendance à augmenter dans la partie Nord en hiver mais elles ont au contraire baissé dans la partie Sud en été», observe Serge Planton, chercheur climatologue à Météo France.

 

Intensité en hausse
 

Plus marquée est la hausse des événements extrêmes dans l’Hexagone. L’intensité des précipitations va en effet augmenter en France, quels que soient le scénario et l’ampleur du réchauffement. «Cette intensité devrait augmenter de 6,5% à chaque degré de réchauffement, même dans le cas du scénario ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre», poursuit Serge Planton.

 

Davantage d’épisodes extrêmes

 

Deuxième indicateur net et précis: l’évolution des précipitations extrêmes. Celles-ci devraient augmenter de quelques pourcents sur la période 2071-2100 par rapport à 1976-2005 dans le cas d’un scénario tendanciel «business as usual», estime le chercheur.

 

Des crues dans le Nord

 

«Ces deux évolutions risquent d’accroître le nombre de crues lentes et rapides dans certaines régions», poursuit Florence Habets, directrice de recherche au CNRS. Plusieurs études montrent que les crues connaîtront un débit plus rapide dans le nord de l’Hexagone en 2070. Une région qui sera frappée par deux fois plus de crues «décennales» à la même période. «L’année 2016 est un bon exemple d’année contrastée. Nous avons connu de grosses inondations en juin dans la partie Nord et une forte sécheresse 4 mois plus tard dans la partie Sud. Une année représentative du climat à venir?», s’interroge la chercheure.

Erreurs à éviter
Le gouvernement britannique dépense 4 fois plus d’argent dans des activités pouvant causer des inondations que dans celles qui les limitent, révèle une étude publiée par le ‘think tank’ britannique Green Alliance. 1,8 milliards d’euros ont ainsi été versés à des exploitations agricoles qui ignorent ou accroissent le risque d’inondation, contre 494 M€ de fonds européens en faveur d’une gestion des terres limitant les inondations (création de zones humides, maintien de plaines inondables, conservation des arbres…)

 



[1] Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat

 



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