Dauphins échoués: le Ciem recommande de fermer des pêcheries

Le 28 mai 2020 par Stéphanie Senet
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En Atlantique Nord, plus de 10.000 dauphins sont morts dans les filets pendant l'hiver 2018/2019
En Atlantique Nord, plus de 10.000 dauphins sont morts dans les filets pendant l'hiver 2018/2019
FNE

Le Conseil international pour l’exploration de la mer (Ciem) préconise des mesures fortes pour réduire les captures accidentelles de petits cétacés dans le Golfe de Gascogne.

Cet avis sera-t-il entendu ? Le contexte est en tout cas favorable, après les déclarations du commissaire européen à la pêche en février dernier. Virginijus Sinkevicius avait en effet affirmé que les prises accidentelles de dauphins dans les eaux européennes étaient «inacceptables». Et commandé un nouvel avis scientifique au Ciem, chargé de surveiller les écosystèmes marins de l’Atlantique Nord. Pour mémoire, 26 ONG avaient saisi la Commission européenne dès juillet 2019 pour qu’elle lance une procédure d’infraction à l’encontre de 15 pays de l’UE.

Fermeture de décembre à mars

Dans son analyse publiée le 26 mai, le Conseil international recommande des fermetures temporaires des pêcheries problématiques dans l’Atlantique Nord, lors des pics de mortalité. «La fermeture pendant quatre mois, de décembre à mars au moins, des chalutiers et filets maillants  devrait réduire significativement les prises accidentelles de dauphins», écrit-il. Il demande d’y associer la généralisation des «pingers» (répulsifs acoustiques) sur les chalutiers pélagiques pendant le reste de l’année.

Effort de pêche et contrôles

Comme solutions alternatives, le Ciem évoque aussi une baisse de l’effort de pêche annuel de 40% des pêcheries problématiques et une fermeture de tous les engins pendant quatre semaines, de mi-janvier à mi-février. Les scientifiques alertent aussi sur le manque de fiabilité de données sur les captures accidentelles et recommandent un renforcement des contrôles avec des caméras embarquées sur les navires.

La France en première ligne

Elodie Martinie-Cousty, en charge des Océans à France Nature Environnement, a salué «un avis historique». «La France doit maintenant montrer l’exemple en mettant rapidement en œuvre la fermeture des pêches concernées dès l’hiver prochain tout en renforçant les contrôles dans les zones à risques», affirme-t-elle. «Nous sommes les pays européen qui tue le plus de dauphins et nous semblons nous en accommoder. On ne peut pas prétendre que ces espèces sont protégées si on continue à autoriser des méthodes de pêche qui les tuent par milliers», ajoute Lamya Essemlali, Présidente de Sea Shepherd France.

Petit plan

En 2019, au moins 11.300 dauphins communs sont morts dans des filets de pêche et plus de 1.000 petits cétacés (surtout des dauphins communs) se sont échoués sur les côtes françaises selon l’observatoire Pelagis (Université de La Rochelle –CNRS). En décembre 2019, le ministère de la transition écologique a lancé son plan national de protection des cétacés prévoyant seulement une généralisation progressive des pingers sur les chalutiers. «Des mesures qui n’ont pas permis de réduire les captures», note Elodie Martinie-Cousty.