Dans les Hautes-Alpes, un projet de «zone blanche»

Le 01 septembre 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Une première
Une première
DR

Saint-Julien-en-Beauchêne (Hautes-Alpes) pourrait bien être la première commune en France à accueillir une «zone blanche» pour les électrohypersensibles (EHS). D’ici là, de nombreux obstacles restent à lever. Notamment les réticences du maire, peu disposé à isoler son village.

C’est l’une des principales revendications des associations d’EHS: mettre en place des «zones blanches» dénuées d’ondes électromagnétiques, où les personnes qui disent en souffrir pourraient trouver un peu de répit. Située à 1.200 mètres d’altitude, dotée d’environ 130 habitants, Saint-Julien-en-Beauchêne pourrait bien être le premier lieu en France, voire en Europe, à accueillir un tel havre.

Tel est en tout cas le projet porté par l’association «Une terre pour les EHS» et l’eurodéputée écologiste Michèle Rivasi, qui se sont rassemblés la semaine dernière sur la commune. Leur objectif, la chartreuse de Durbon, située à 5 km du village: avec deux autres proches bâtiments, elle appartient à la caisse d’allocations familiales (CAF) des Bouches-du-Rhône. Elle y accueille des camps de vacances pour enfants et adolescents.

Selon Michèle Rivasi, l’endroit est idéal. Apte à accueillir «une trentaine de personnes», l’endroit ne présente qu’ «un faible bruit de fond» en matière d’ondes. Du moins selon un diagnostic dressé fin 2013: selon l’eurodéputée, Bouygues a réactivé une antenne en début d’année. Désormais, les ondes «passent un peu». Michèle Rivasi dit avoir écrit à l’entreprise pour réduire les émissions, et espère voir bientôt d’autres opérateurs (SFR, Orange) afin qu’ils épargnent la zone.

Autre écueil, l’état du bâtiment, qu’il s’agit de retaper, aussi bien «en matière d’électricité, de plomberie que de peinture», ajoute-t-elle. Un devis est en cours. Michèle Rivasi table plutôt sur des séjours de 3 à 6 mois à la belle saison, plutôt qu’en hiver car «s’il faut isoler, ce sera beaucoup plus cher».

Contactée par le JDLE, la CAF des Bouches-du-Rhône reconnaît avoir été sollicitée par la députée européenne. La CAF, qui semble désireuse de se détacher du site, «a pris la décision de lancer un appel à projets pour une cession éventuelle du site de Durbon par lot et par bail emphytéotique excluant la vente du domaine». Le projet de «zone blanche» sera examiné dans le cadre de cet appel à projets, ajoute-t-elle.

La crainte d’un isolement accru

Du côté de la mairie de Saint-Julien-en-Beauchêne, on se montre un peu moins enthousiaste. Du moins depuis le changement de maire fin mars, l’ancien maire ayant au contraire soutenu le projet. Contacté par le JDLE, le nouvel édile, Jean-Claude Vallier, se montre d’emblée sceptique quant à la réalité d’une zone blanche, estimant le signal variable selon les conditions météorologiques. «J’ai des doutes quant aux protocoles de mesure» menés à ce jour, affirme-t-il.

Mais Jean-Claude Vallier craint surtout que le projet n’entraîne une diminution du signal, déjà pas très fort. «S’il n’y a pas de préjudice, nous n’avons aucun problème pour qu’un groupe d’EHS s’implante dans la commune. Je vais aller faire mes propres mesures sur le site, et si je trouve du signal, alors nous serons très fâchés», ajoute-t-il. En bref, OK pour une zone «blanche», mais pas pour une zone «à blanchir».

La commune se trouve déjà handicapée par son isolement géographique, estime Jean-Claude Vallier. «Je crains que le signal baisse, ce qui serait problématique pour une commune qui ne vit que de quelques agriculteurs et du tourisme», estime le maire, qui craint que «la moitié des touristes désertent le village s’ils ne peuvent plus capter». Car si Michèle Rivasi y voit «un nouveau type de tourisme», Jean-Claude Vallier craint que les EHS évitent les restaurants, tous dotés en Wi-Fi.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus