Dans les Alpes, pression double sur les plantes

Le 01 février 2018 par Romain Loury
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La gentiane jaune
La gentiane jaune

Avec le réchauffement, les plantes alpines se mettent à grimper en altitude. Si certaines espèces gagnent en abondance, d’autres régressent, signe de nouvelles compétitions, révèle une étude autrichienne publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Le réchauffement entraîne des migrations d’espèces vers les pôles, ou pour celles vivant en milieu montagneux, vers des zones plus élevées. Pour la première fois, une équipe autrichienne, celle de Stefan Dullinger, du département de botanique à l’université de Vienne,  a étudié ce phénomène à l’échelle de plusieurs espèces, et non pas seulement pour une seule, comme c’est souvent le cas.

183 espèces analysées

Les chercheurs ont analysé la répartition de 183 plantes présentes dans les Alpes (Autriche, Italie, Allemagne, Suisse, Slovénie), la comparant aux zones de peuplement décrites entre 1911 et 1970. Résultat: il y a bien un déplacement vers le haut, en moyenne de 30 mètres pour la limite inférieure et de 20 mètres pour la supérieure.

Pourtant, toutes les plantes n’en souffrent pas. Chez 51 espèces, les chercheurs notent même une plus grande abondance qu’auparavant, ainsi qu’une aire de répartition accrue. Trente-trois sont en revanche perdantes sur les deux plans, tandis que 99 perdent sur un critère mais gagnent sur l’autre.

Un réarrangement des communautés

Selon l’équipe, ces résultats montrent que le réchauffement n’entraîne pas qu’une simple translation des espèces. Il réarrange les communautés végétales, au profit de certaines mais au détriment d’autres. Parmi les grandes gagnantes, figurent ainsi les espèces traditionnellement situées plus en aval, tandis que celles d’amont, plus résistantes au froid, souffrent de l’arrivée de nouvelles espèces.

«Dans les prochaines décennies, les espèces d’altitude supérieure pourraient ainsi subir une pression double, aussi bien du changement climatique en cours que de l’arrivée de compétiteurs supérieurs, qui se déplacent plus vite et face auxquels elles auront du mal à échapper vers l’amont», concluent les chercheurs.



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