Dans le Sud-Est, priorité aux économies et aux captages d’eau potable

Le 24 octobre 2012 par Stéphanie Senet
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Les agriculteurs sont invités à économiser l'eau
Les agriculteurs sont invités à économiser l'eau

L’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse (RMC) compte développer les économies d’eau et débarrasser les captages des pesticides et des nitrates au cours de son 10e programme 2013-2018.

«Pour réaliser des économies sur la consommation d’eau, il faut traquer les fuites qui peuvent représenter jusqu’à 50% des ressources d’eau potable dans certaines communes, et encourager le passage au goutte-à-goutte dans l’agriculture qui permet de diviser par 10 la consommation», a affirmé Martin Guespereau, directeur général de l’agence, lors d’une conférence de presse organisée ce 24 octobre à Paris sur le nouveau plan d’investissements (3,65 milliards d’euros pour la période 2013-2018, contre 3,17 Md€ en 2007-2012).

Ce n’est pas un hasard si l’agence a choisi de donner la priorité aux économies d’eau, contrairement à ses homologues. En effet, 40% de son bassin hydrique souffre de pénurie chronique, et cette situation risque de s’aggraver en raison du changement climatique, comme l’a montré un rapport publié en septembre qui table sur moins de pluies pendant l’été: -60% à partir de 2080 (voir JDLE). 266 M€ seront donc dédiés à la chasse au gaspi, pour économiser 20 millions de mètres cubes par an dès 2013 (remplacement des tuyaux vieillissants des réseaux en ville et modernisation de l’irrigation agricole).

Deuxième priorité de l’agence: améliorer la protection des captages d’eau potable. Aujourd’hui, 8% de la population du bassin est encore alimentée par une eau dont les teneurs en pesticides et en nitrates dépassent ponctuellement les seuils autorisés. 40% des captages affichent une eau polluée. Mais plutôt que de les dépolluer –une opération coûteuse et inefficace à long terme-, l’objectif est de réduire les intrants chimiques dans l’agriculture. «Cela coûte deux fois et demi plus cher de dépolluer l’eau que d’aider les agriculteurs à éviter la pollution», précise Martin Guespereau. 196 M€ seront dédiés à la lutte contre les pollutions agricoles (par des mesures agri-environnementales notamment). La municipalité de Besançon a par exemple réussi à réduire de 25% l’usage des herbicides dans les grandes cultures.

Dans les autres domaines, l’agence va dédier 1,29 Md€ à l’amélioration de l’assainissement dans les petites villes, à la gestion des eaux usées par temps de pluie et à la construction de bassins d’orage. La restauration des milieux aquatiques représentera un investissement de 414 M€. Il faut toutefois noter que ce budget ne sera peut-être pas dépensé par manque de réponse aux appels à projet. C’est deux fois plus que le précédent programme (200 M€).

Les ressources de l’agence RMC proviennent exclusivement des redevances, celles-ci étant principalement à la charge des ménages (86% des recettes, cette part étant en très légère baisse de 4%). Pour le reste, les industriels contribuent au budget à hauteur de 11% (redevances prélèvement et pollution) et les agriculteurs pour seulement 3%, indique Martin Guespereau.



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