Dans la Baltique, dix fois plus de zones mortes en un siècle

Le 01 avril 2014 par Romain Loury
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L'eutrophisation et le réchauffement ont multiplié les zones mortes
L'eutrophisation et le réchauffement ont multiplié les zones mortes

La mer Baltique a vu ses zones hypoxiques multipliées par plus de 10 au cours du XXème siècle, surtout du fait de l’eutrophisation, révèle une étude scandinave publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS).

Du fait de ses faibles échanges avec l’Atlantique nord, la Baltique, dont les eaux mettent 30 ans à se renouveler, est très sensible à l’hypoxie, appauvrissement de la teneur en oxygène qui étouffe l’écosystème. La situation se serait nettement dégradée depuis le début du XXème siècle, en particulier ces 3 dernières décennies, comme le montrent Jacob Carstensen, de l’université d’Aarhus (Danemark), et ses collègues des universités suédoises de Lund et de Stockholm.

A l’aide des relevés de température, de teneurs en oxygène et en sel en plusieurs points de la Baltique, dont les premiers remontent à 1898, les chercheurs montrent que les zones mortes, celles en hypoxie, sont passées en 115 ans de 5.000 km2 à 60.000 km2 en 2012. Soit environ une fois et demi la taille du Danemark, ce qui fait de cette zone marine la plus vaste au monde à subir une hypoxie d’origine humaine.

Première cause à cela, l’eutrophisation, à savoir l’apport excessif de nutriments d’origine anthropique, tels que l’azote provenant des nitrates agricoles ou des eaux usées, ou encore des sous-produits de la pollution automobile. Ce phénomène, dont l’on entend régulièrement parler en Bretagne du fait du lisier de porc, favorise la prolifération des algues qui, pour métaboliser ces substances, vont pomper l’oxygène présent dans l’eau.

 

Le réchauffement aussi en cause

Dans une moindre mesure, le réchauffement climatique a aussi contribué au processus: à température plus élevée, l’oxygène devient moins soluble dans l’eau, et sa consommation par les algues se trouve accrue.

Cette montée de l’hypoxie a toutefois connu un fort recul dans les années 1970, du fait d’importants afflux d’eaux de l’Atlantique nord, notent les chercheurs. Ceux-ci se sont taris depuis, l’hypoxie remontant en flèche.

«Des quantités suffisantes d’oxygène dans les fonds marins sont nécessaires au bon fonctionnement de l’écosystème, avec moins d’efflorescences algales. Le manque d’oxygène entraîne la mort d’organismes qui vivent au fond de l’eau», rappelle l’université suédoise de Lund.

Seules à apprécier les déserts hypoxiques, des bactéries n’ayant pas besoin d’oxygène pour survivre, dont certaines produisent du méthane. En remontant sous formes de bulles, ce gaz va entraîner avec lui des sédiments, eux-mêmes toxiques pour les poissons vivant plus en surface, ajoute l’université danoise d’Aarhus.

Selon Daniel Conley de l’université de Lund, co-auteur de l’étude, «les politiciens de pays bordant la Baltique doivent immédiatement mettre en œuvre des réductions nationales de nutriments, telles qu’elles ont été fixées dans le Plan d’action pour la Baltique [lancé en novembre 2007, ndlr]. Si ces actions continuent à être retardées, la situation va empirer».



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