Dans l’UE, le coût écrasant des perturbateurs endocriniens

Le 05 mars 2015 par Romain Loury
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Jusqu'à 2,1% du PIB européen
Jusqu'à 2,1% du PIB européen

Les perturbateurs endocriniens pourraient coûter à l’Union européenne (UE) 157 milliards d’euros par an, ont révélé jeudi 5 mars plusieurs experts mondiaux. Une estimation certes approximative, mais peut-être en-deçà de la réalité.

Disponibles en libre accès sur le site du Journal of Clinical Endocrinology & Metabolism, les chiffres présentés jeudi au congrès annuel de l’Endocrine Society, qui se tient à San Diego (Californie), donnent le vertige: en tout, les perturbateurs endocriniens coûteraient 157 milliards d’euros à l’UE, jusqu’à 269 milliards d’euros dans l’hypothèse la plus haute. Soit de 1,2% à 2,1% du PIB européen.

D’après les experts, qui comptent les plus grands noms de la recherche sur le sujet, c’est le handicap intellectuel des enfants, lié à l’exposition in utero aux pesticides organophosphorés, qui s’avère le plus coûteux: estimé à 59.300 nouveaux cas et à la perte de 13 millions de points de QI par an en Europe, il équivaut à 146 milliards d’euros. Loin derrière, l’obésité de l’adulte, avec 53.900 nouveaux cas par an du fait des phtalates, coûterait à l’UE 15,6 milliards d’euros par an.

Les perturbateurs endocriniens entraînent par ailleurs de 19.400 à 31.200 cas de troubles de déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) par an, de 126 à 631 cas d’autisme, 618.000 cas d’hommes recourant à une aide à la procréation, 42.400 cas d’obésité infantile du fait de l’exposition in utero au bisphénol A, 24.800 décès d’hommes à faible taux de testostérone, et 28.200 cas de diabète.

Un chiffre encore en-deçà à la réalité?

Les experts ne pourront pas être taxés de partialité: ils n’ont retenu que des maladies dont ils ont jugé, au vu de l’écrasante littérature scientifique, qu’elles étaient au moins probablement liés aux perturbateurs endocriniens. Laissant de côté, malgré les fortes suspicions, les cancers du sein, de la prostate et du testicule, ainsi que les problèmes d’infertilité féminine, dont la prise en compte aurait probablement abouti à des résultats encore plus élevés.

«Alors que de nombreuses enquêtes démontrent l’exposition des populations aux perturbateurs endocriniens, cette étude apporte une preuve supplémentaire de la nécessité d’une action préventive forte pour se prémunir des risques des perturbateurs endocriniens en Europe», a réagi François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures [1].

Les chiffres vont très au-delà de ceux obtenus en juin 2014 par le réseau HEAL (Health & Environment Alliance), qui avait conclu à un coût de 31 milliards d’euros pour l’UE. A la différence de ces nouveaux travaux, HEAL avait inclus les cancers hormonodépendants (sein, prostate, testicule), mais avait exclus la baisse du QI, dont le poids est écrasant.

[1] Avec la journaliste Marine Jobert, François Veillerette publie un livre sur le sujet, «Perturbateurs endocriniens: la menace invisible» (éditions Buchet/Chastel), en librairie le 12 mars.



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