Dans l’Essonne, l’électrosensibilité reconnue comme un handicap

Le 11 avril 2014 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Dans l'Essonne, un début de reconnaissance
Dans l'Essonne, un début de reconnaissance
DR

La maison départementale des personnes handicapées (MDPH) de l’Essonne a accordé fin janvier une aide financière à une personne électrosensible, une première en France, selon le Collectif des électrosensibles de France.

 

Vivant dans le sud de l’Essonne, Jérôme, 32 ans, a dû cesser son activité professionnelle en 2011 en raison d’une électrohypersensibilité (EHS) contractée au travail [1]. En cause selon lui, un appareil auquel il était, en tant que technicien dans un laboratoire public de recherche en chimie, quotidiennement confronté.

Si le statut de maladie professionnelle lui a été refusé -décision prise malgré l’avis positif d’un expert médical, et qu’il conteste actuellement devant la justice-, Jérôme a eu plus de succès auprès de la MDPH de l’Essonne, structure qui dépend du conseil général.

Pionnier en la matière, ce département a inclus l’EHS dans son schéma de santé pour la période 2013-2018, la reconnaissant de facto comme un handicap, rappelle Sophie Pelletier, coresponsable du Collectif des électrosensibles de France, contactée par le JDLE.

Si la MDPH de l’Essonne a déjà accordé à plusieurs électrosensibles le statut de travailleur handicapé, sa décision, fin janvier, d’accorder une aide financière à Jérôme semble bien une première en France, du moins «à la connaissance» du Collectif des électrosensibles de France, indique Sophie Pelletier.

Une aide pour aménager son domicile

Contacté par le JDLE, Jérôme indique que cette aide lui a été octroyée afin d’aménager son domicile et de se protéger personnellement: il a ainsi pu acheter du matériel de mise à la terre [2], un système de reconnaissance vocale lui permettant de se tenir éloigné de son ordinateur, un baldaquin anti-ondes pour son lit, du tissu anti-ondes pour se couvrir lorsqu’il sort en ville, ainsi que du matériel de mesure –en l’occurrence des antennes pour son détecteur d’ondes.

Discret sur le montant de cette aide, Jérôme indique qu’elle lui permet de couvrir environ 75% de ses besoins de matériel. Elle comprend une aide ponctuelle pour le matériel le plus coûteux, et une aide mensuelle pour celui qu’il faut renouveler, en particulier le tissu anti-ondes dont il couvre ses vêtements et son bonnet. Le tout alloué pour une durée de trois ans.

«Ce qui nous a amenés à cette reconnaissance, c’est le fait que ce dossier était étayé par des témoignages très crédibles du corps médical, ne laissant aucun doute sur la réalité de la maladie», équivalente à un taux d’incapacité de 80%, explique au JDLE le directeur de la MDPH, Olivier Desmazeaud. Selon lui, c’est à ce jour la seule demande d’aide financière que la structure ait traitée pour un électrosensible.

En arrêt maladie depuis 2011, Jérôme espère entreprendre une formation afin de se reconvertir, dans l’objectif de trouver un travail qu’il pourrait effectuer à domicile.

[1] Le prénom a été changé.

[2] Ce matériel consiste à évacuer vers la terre la charge électrique dans le milieu ambiant.



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus