Dans l’Atlantique du Nord-Ouest, 3 poissons sur 4 ont ingéré du plastique

Le 19 février 2018 par Stéphanie Senet
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L'étude porte sur les espèces mésopélagiques, qui vivent de 200 à 1.000 mètres de profondeur
L'étude porte sur les espèces mésopélagiques, qui vivent de 200 à 1.000 mètres de profondeur

Des micro-plastiques ont été trouvés dans les estomacs de 73% des poissons mésopélagiques[1] de l’Atlantique du Nord-Ouest, selon une étude publiée le 16 février dans la revue Frontiers in Marine Science.



[1] Poissons vivant entre 200 et 1.000 mètres de profondeur

 

 

Accumulés par les océans depuis des décennies, les micro-plastiques –dont le diamètre est inférieur à 5 millimètres– provoquent de nombreux dommages sur la faune marine, et notamment sur les poissons qui les ingèrent. Des inflammations et pertes de poids ont déjà été recensées. Par ailleurs, ces particules véhiculent 78% des polluants et 61% des substances classées comme prioritaires par l’Agence américaine de l’environnement (EPA), selon un rapport onusien publié en décembre dernier.

Une nouvelle étude précise l’ampleur des dégâts dans l’Atlantique du Nord-Ouest. Dans cette région très fréquentée par les chalutiers, les estomacs de 73% des poissons vivant entre 200 et 1.000 mètres de profondeur regorgent de fibres plastiques comme le polyéthylène, utilisées dans l’industrie textile. Ce taux d’ingestion est l’un des plus élevés au monde[1], révèle cette étude irlando-britannique. Pour mener leurs travaux, les chercheurs ont examiné 233 poissons, issus de sept espèces, capturés au large de Terre-Neuve.

 

Chaîne alimentaire

«Le taux élevé d’ingestion de microplastiques par les poissons mésopélagiques que nous avons observé a des conséquences importantes sur la santé des écosystèmes marins et sur le cycle biogéochimique en général», alerte Alina Wieczorek, de l’université de Galway (Irlande), qui a piloté l’étude. Par leurs déplacements, ils exposent de nombreuses espèces, y compris ceux vivant dans des eaux plus profondes.

 

Mode d’ingestion

Les poissons mésopélagiques servent par ailleurs de nourriture à de nombreuses prédateurs : thon, espadon, dauphin, phoque et oiseaux marins. Reste à savoir comment ils ont été contaminés. Alina Wieczorek va d’ailleurs remonter à la source, pour déterminer s’il s’agit d’une ingestion directe de particules plastique ou d’une ingestion de poissons contaminés.



[1] Des études précédentes ont relevé des taux d’ingestion de 11% dans l’Atlantique Nord et de 9 à 35% dans le Pacifique Nord

 



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