Dans l’Ariège, premier feu vert pour une mine de tungstène

Le 02 novembre 2016 par Romain Loury
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Le hameau de Salau, commune de Couflens
Le hameau de Salau, commune de Couflens

C’est un premier pas vers la réouverture: fin octobre, le secrétariat d’Etat chargé de l’industrie a annoncé la délivrance à la société Variscan Mines d’un permis exclusif de recherches (PER) de tungstène dans la commune de Couflens (Ariège). Au grand dam des riverains, nombreux à se mobiliser contre le projet.

Après 15 ans d’exploitation, la mine de Salau (commune de Couflens), dans les Pyrénées ariégeoises, a fermé en 1986 en raison de l’effondrement des cours du tungstène lié à la concurrence chinoise. Intéressée par la reprise du site, la société française Variscan Mines a déposé en novembre 2014 une demande de PER.

Vendredi 21 octobre, le secrétariat d’Etat chargé de l’industrie a annoncé avoir accordé ce PER pour une durée de cinq ans, après un travail d’instruction mené par la préfecture d’Ariège. Son objectif: «étudier les possibilités économique, environnementale et sociétale de redévelopper une filière d’extraction et de valorisation de tungstène à partir de l’ancienne mine de Salau», explique Bercy.

Avant toute exploration, Variscan Mines devra déposer une demande d’autorisation auprès de la préfecture, accompagnée d’une étude d’impact, et qui donnera lieu à une enquête publique. Si les travaux de recherche s’avéraient concluants, l’entreprise devrait de nouveau déposer une demande, d’exploitation cette fois-ci, en vue de l’ouverture de la mine.

L’amiante au cœur du débat

Dans son communiqué, le secrétariat d’Etat met l’accent sur la question de l’amiante, indiquant que Variscan Mines «engagera prioritairement des études approfondies sur la présence d’amiante dans le gisement dans l’objectif d’évaluer les risques sanitaires». «Ces études seront réalisées par un tiers indépendant et feront l’objet d’un contrôle attentif de l’Etat. Elles détermineront la poursuite ou non de l’exploration», ajoute-t-il.

Le risque amiante est en effet au centre de la polémique qui agite la vallée, depuis le dépôt de la demande par Variscan Mines: si l’entreprise estime que la mine n’en recèle pas, les opposants au projet, dont l’association Couflens-Salau Demain et la présidente de Ban Asbestos France, Annie Thébaud-Mony, affirment qu’elle en regorge. Témoin, de nombreux cas de cancers bronchopulmonaires et d’asbestose survenus chez d’anciens mineurs.

Afin de «déminer» le terrain, le secrétariat d’Etat promet la mise en place d’une commission locale de concertation, d’information et de suivi, sous l’égide de la préfecture, ayant notamment trait à la protection de l’environnement et de la santé de la population.

Les riverains ne baissent pas les bras

Contacté mercredi 2 novembre par le JDLE, le président de Couflens-Salau Demain, Jean-Paul Arseguet, se montre surpris de la décision prise par l’Etat: «nous avons été reçus deux fois au ministère, notamment le jour où le PER a été accordé, et on nous avait dit que rien n’était fait». «Nous allons faire tout ce qu’il fait pour bloquer le projet», déclare-t-il.

Même indignation chez le maire de Couflens, Henri de Richl: «on en reparlera quand nous aurons une quarantaine de personnes atteintes d’asbestose sur les bras». En fin d’été, la mairie a tenté de bloquer le projet par un arrêté municipal interdisant les travaux. Peine perdue: il a aussitôt été bloqué par la préfecture, indique Henri de Richl.



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