Dans l’Alberta, l’arrivée de la gauche inquiète les compagnies pétrolières

Le 07 mai 2015 par Aude Massiot
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Fort McMurray en Alberta, au Canada.
Fort McMurray en Alberta, au Canada.
Kris krüg

Un vent de renouveau souffle en Alberta. Elue mardi 5 mai, la nouvelle Première ministre de la province canadienne prévoit de relancer la lutte contre le réchauffement climatique. Une politique depuis longtemps laissée pour compte dans ce Texas du Canada.

«Retarder la stratégie de lutte contre le réchauffement climatique en Alberta est profondément irresponsable.» Ces mots de Rachel Notley, leader du parti néo-démocrate élue à la tête du gouvernement albertais le 5 mai, ont fait trembler les compagnies pétrolières de la province. Après 43 ans de règne du parti progressiste-conservateur et de politique environnementale désastreuse (les émissions de gaz à effet de serre (GES) ont augmenté de 37% entre 1990 et 2009), la nouvelle Première ministre compte faire bouger les lignes.

 

Des records de pollution

Qu’a-t-elle promis pour inquiéter autant l’industrie pétrolière? Entre autres de revoir à la hausse les redevances payées par les entreprises exploitant des ressources énergétiques et de retirer le soutien à certains projets de pipelines, comme le Northern Gateway d’Enbridge censé relier l’Alberta à la Colombie britannique.

Ce programme n’a rien de révolutionnaire, mais il constitue un grand pas pour une province responsable de 51% des émissions de GES nationales en 2013. Des émissions qui, selon la fondation David Suzuki, une ONG environnementale canadienne, continueront d’augmenter pendant les 15 prochaines années.

 

Dans la région, ces GES sont largement imputables à l’exploitation des ressources pétrolières. Le nord-est de l’Alberta est la province la plus riche en sables bitumineux. Contrairement aux gisements de pétrole conventionnels, ces sables pétroliers contiennent du bitume, une huile lourde et visqueuse. Pour séparer l’hydrocarbure du sable et le liquéfier, il faut donc le chauffer et émettre du CO2.

 

Une législation affaiblie

Si les conservateurs étaient conciliants avec cette industrie pétrolière si polluante c’est qu’elle constitue une grande source de richesse pour la province. L’an passé, l’exploitation a généré le quart du PIB régional.

 

Pourtant, l’Alberta a été la première province à réguler les émissions de GES. Depuis 2007, les industriels émettant plus de 100.000 tonnes de GES par an sont assujettis à un système de quotas d’émission. Le gouvernement local leur fixe des limites d’émission, en baisse régulière. A charge pour les entreprises de réduire leurs rejets ou d’acheter des quotas complémentaires, au prix unitaire de 15 dollars (11 euros).

 

Selon le rapport All over the map (2012) de la fondation David Suzuki, cette législation s’est affaiblie d’année en année laissant plus de libertés aux compagnies pétrolières et limitant les émissions concernées par les taxes.

 

Les marges de manœuvre du nouveau gouvernement sont donc limitées par l’importance de l'industrie pétrolière pour l’économie régionale. Ainsi, dès le lendemain matin des élections, Rachel Notley annonçait devant les médias canadiens qu’elle travaillerait main dans la main... avec les grandes compagnies pétrolières.

 


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