Danone passe à l’agriculture «régénératrice» (et un peu au bio)

Le 07 mars 2018 par Marine Jobert
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Emmanuel Faber, PDG de Danone.
Emmanuel Faber, PDG de Danone.
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Le groupe mondial aux racines françaises investit quelques millions d’euros pour passer certaines marques hexagonales à la bio et financer des conversions à une «agriculture régénératrice».

 

Encore un géant qui met la main dans le pot de miel ‘bio’… Après les distributeurs Carrefour et Leclerc, c’est au tour de la multinationale de l’agroalimentaire Danone d’annoncer qu’elle va convertir une partie de sa gamme au ‘sans pesticide’. Et au bio local de préférence. Ce sera notamment le cas pour sa marque de produits infantiles Blédina, qui s'engage à ce que, d’ici 2020, «80% des ingrédients de cette gamme bio soient issus de cultures françaises», comme l’a indiqué son directeur général, Markus Sandmayr, quelques jours avant le début du salon de l’agriculture.

Régénérer les sols

Les 10 agriculteurs qui fournissent aujourd’hui la marque devront être une centaine en 2020, ce qui implique de les accompagner dans une conversion. Le changement de modèle agricole est d’ailleurs au cœur du projet dévoilé par Emmanuel Faber, le PDG de Danone. «Ma vision, c’est celle d’une agriculture régénératrice. Le bio en fait partie, mais il n’est pas toute la solution», expliquait-il dans une interview à l’Express le 21 février dernier. Le géant de l’agroalimentaire va s’associer à la plateforme de financement participatif Miimosa pour cofinancer les transitions agro-écologiques des agriculteurs qui les fournissent, rapporte Challenges.

Basculer vers un nouveau modèle

Agriculture régénératrice, un énième avatar agronomique pour ne pas passer au sans pesticide? C’est plutôt sur la restauration des sols qu’il faut se concentrer, estime le PDG. «La grande limite du système agro-industriel actuel, c’est d’avoir parié entièrement sur la plante en créant des semences de plus en plus performantes et en leur ajoutant des intrants de synthèse de façon à booster leur performance, déplore Emmanuel Faber. Dans ce système, le sol n’est qu’un support, aujourd’hui épuisé.»

Objectif: définir un cahier des charges «hyper clair et strict», accompagné d’une enveloppe totale de 5 millions d’euros -soit une journée de son chiffre d’affaires-, dont un fonds «pour aider les agriculteurs à basculer dans ce nouveau modèle».

Le consommateur, c’est le patron?

Et parce que le consommateur, bousculé par une série de scandales sanitaires et d’informations alarmantes sur les additifs et autres colorants, n’a plus la foi en l’étiquette, le PDG de Danone lancera en septembre prochain un «Green Friday.» Soit «une journée de mobilisation pour donner les moyens aux consommateurs de voter, à travers leur alimentation, pour le monde dans lequel ils veulent vivre.»

Un écho à la marque qui cartonne en ce moment, «C’est qui le patron?», qui demande précisément aux consommateurs de définir le cahier des charges des fraises, du miel ou du chocolat idéal qu’ils souhaiteraient voir en rayon? «Si cette journée est un succès, ça montrera que les consommateurs sont à la recherche de solutions pour faire bouger les choses», conclut Emmanuel Faber.

 



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