Dangereux, les «bars à sourire»?

Le 09 septembre 2011 par Geneviève De Lacour
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Vos dents sont jaunes ou tachées? A 79 Euros la demi-heure, pourquoi ne pas se laisser tenter par une séance de blanchiment? Arrivés tout droit des «States», les «bars à sourire» sont les dernières boutiques à la mode pour obtenir un sourire des plus brillants. Beaucoup moins onéreux qu’une séance d’éclaircissement chez un dentiste, le phénomène se répand dans toute la France.

La technique consiste à appliquer en cabine, un gel à base de perborate de sodium dans une gouttière dentaire, comme celles que le dentiste colle dans la bouche pour prendre les empreintes des dents. Sous l'action de la lumière bleue d’une diode électroluminescente (LED), le gel crée une oxygénation qui détruit les résidus et taches jaunes et éclaircit ainsi la teinte des dents.

Au bout de 20 à 30 minutes, le client peut se rincer la bouche et admirer son sourire à l’éclat retrouvé.

Mais ces nouvelles boutiques ne sont pas du goût de tous. L’ordre national des chirurgiens-dentistes voit le phénomène d’un mauvais œil. Alain Moutarde, dentiste à Champeix (Puy de Dôme) et secrétaire général du conseil de l’ordre déclare aujourd’hui 9 septembre dans le journal Le Monde: «Le produit utilisé est défini par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) comme cancérigène, mutagène et dangereux pour les femmes enceintes».
 
Les dentistes pratiquent également l’éclaircissement des dents mais à l’aide de peroxyde d’hydrogène, un produit réservé dans l’Union européenne à un usage médical. «Mais il s’agit d’actes professionnels, faisant partie de nos compétences», précise le praticien du Puy de Dôme.
 
Alors le perborate de sodium serait-il aussi dangereux pour la santé que le dentiste le prétend? Le produit est un oxydant employé notamment dans les lessives et les détergents. Interrogé, l’Institut national de recherche et de sécurité (Inrs) nous a répondu ne pas avoir listé ce produit.
 
Cependant une étude européenne du centre commun de recherche de l’Union européenne (JRC, selon l’acronyme en anglais) datée de 2007 classe la substance comme étant potentiellement toxique pour la reproduction (catégorie 3 – R62) mais elle n’indique pas qu’elle soit cancérigène ou mutagène.
 
L’Afssaps, elle, n’a pas daigné répondre à nos sollicitations.
 


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