Danemark: la taxe sur la malbouffe profite à l’Allemagne

Le 29 août 2012 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
A Copenhague, même le chocolat est taxé.
A Copenhague, même le chocolat est taxé.

 

Les consommateurs danois, soumis à plusieurs taxes sur la «malbouffe», vont de plus en plus s’approvisionner en Allemagne, affirme l’Organisation danoise des épiciers (DSK).

En pointe sur ce genre de taxation, le Danemark est devenu, en octobre 2011, le premier pays à lancer une taxe sur tout aliment contenant plus de 2,3% d’acides gras saturés, mauvais du point de vue cardiovasculaire et favorisant l’obésité (voir le JDLE).

Et ce n’est pas tout: le 1er janvier dernier, le pays a introduit des taxes plus élevées sur plusieurs produits, dont la bière, le vin, les confiseries (dont le chocolat), les sodas, la glace, la crème, le café, le thé et les ampoules électriques.

De quoi fortement indisposer la DSK, pour laquelle ces taxes n’ont qu’un effet contre-productif. Selon le sondage mené par l’organisation auprès de 1.249 consommateurs danois, 57% d’entre eux ont acheté de la bière ou des sodas à la frontière allemande au cours de l’année écoulée. En 2008, ils n’étaient que 38% à avoir fait cette démarche.

Au-delà de la bière et des sodas, la DSK, qui scrute les achats à la frontière allemande depuis 2008, indique avoir observé une hausse soudaine début 2012. Un effet que l’organisation impute aux taxes sur la malbouffe.

Afin d’éviter la fuite des consommateurs, plusieurs grandes entreprises agro-alimentaires danoises, comme Arla, premier producteur laitier dans le pays, ont préféré revoir leurs portions à la baisse, afin de maintenir leurs prix.

Nouvelle crainte de l’industrie, un projet de taxe sur les sucres auquel le gouvernement s’est attelé. Selon la dernière version en date, l’Etat envisagerait de taxer en fonction de la teneur en sucres, rapporte le quotidien Politiken. L’approche s’avère compliquée: en raison de la diversité des sucres ajoutés, chaque produit devrait être étudié au cas par cas.

Interrogé par Politiken, le directeur général de la chambre de commerce danoise, Jens Klarskov, se montre lui-même réticent: «Nous avons rencontré suffisamment de difficultés l'année dernière avec la taxe [sur les acides gras saturés]. Introduire une nouvelle taxe de ce genre ne ferait qu'alourdir notre fardeau et encourager le commerce transfrontalier. Ce serait sans doute trop difficile à gérer».



Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus