Cyclamed retrouve une meilleure santé

Le 04 mai 2009 par Sonia Pignet
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Après trois années de baisses successives, l’association en charge de la récupération des médicaments non utilisés (MNU) a collecté en 2008 des tonnages supérieurs de 2% à ceux de 2007. Grâce à une intense communication, Cyclamed retrouve un peu de notoriété, et pense à de nouveaux projets.

Simple rémission ou réelle guérison? En 2008, Cyclamed a en tout cas recouvré la santé. Avec 12.530 tonnes de MNU collectés l’an passé contre 12.241 en 2007, l’organisme met un terme à trois années de baisse des volumes récupérés. «Cette reprise s’est faite grâce à la synergie de deux actions de communication», a expliqué Bénédicte Nierat-Munier, chargée de la communication, lors de la présentation des résultats 2008. En effet, depuis avril 2008, la communication a repris de façon intensive, via des lettres d’information envoyées à la profession et un spot publicitaire diffusé durant trois semaines de décembre à la télévision. Alors que le budget communication de 2007 s’élevait à environ 31.000 euros (mais pas un seul dédié à la sensibilisation du grand public), il était de l’ordre de 800.000 euros en 2008.

Il faut dire que Cyclamed en avait bien besoin. Le rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) de janvier 2005 (1) avait fortement ébranlé le dispositif, en mettant notamment en cause le détournement d’une partie des médicaments destinés à la redistribution humanitaire. En 2009, cela ne pourra pas se reproduire. La loi parue au JO du 16 avril 2008 interdit en effet «toute distribution et toute mise à disposition des médicaments non utilisés». Désormais, la seule valorisation autorisée des MNU est énergétique. Cette mesure ne devrait pas bouleverser l’organisation de Cyclamed, qui souffrait depuis la mise en place du dispositif d’une baisse constante des volumes affectés à la redistribution. L’an passé, ils ne représentaient déjà plus que 2% des quantités collectées. Ce recyclage offrait par contre un atout pour la communication auprès du grand public, plus enclin à rapporter ses médicaments à la pharmacie lorsqu’il en perçoit facilement l’intérêt.

Désormais, Cyclamed doit miser sur de nouveaux arguments pour convaincre. Pour décider de l’orientation de la campagne publicitaire, l’association s’est appuyée sur le baromètre 2008 de notoriété et des comportements à l’égard de Cyclamed. Or, celui-ci révèle que seulement 67% des personnes interrogées considère que le dispositif permet de fournir de l’énergie par incinération. C’est pourtant la voie de valorisation principale des MNU, et désormais la seule autorisée. En 2008, 12.311 tonnes ont été incinérées dans une cinquantaine d’installations récupérant l’énergie libérée sous forme de chaleur ou d’électricité. L’organisme a également annoncé qu’il accentuerait sa communication à destination des seniors, les plus consommateurs de médicaments, et continuerait à mettre en avant la sécurité sanitaire représentée par la collecte des MNU, qui peut éviter des risques d’intoxication au sein des foyers.

La communication ne sera pas le seul volet à évoluer en 2009. «Nous voulons devenir un acteur incontournable de l’environnement», a déclaré la semaine dernière Thierry Moreau Defarges, président de Cyclamed. Cela passe d’abord par une poursuite de la hausse de la collecte. Seulement, si l’organisme estime «ne pas capter les trois quarts du gisement», ce dernier n’a jamais été évalué précisément. «On sait ce qui est vendu (2), mais on ne sait pas précisément ce qui est consommé», rappelle Thierry Moreau Defarges. Il va donc falloir conduire cette enquête. En attendant, «un objectif de collecte réaliste pour 2009 est de 13.000 t», estime le président de Cyclamed.
Autre modification à venir: «la gouvernance va évoluer». Cyclamed souhaite en effet intégrer de nouvelles organisations dans son conseil d’administration, en particulier la société civile. «Si nous rencontrons des réticences de la part des associations, notamment celles qui font partie de la commission consultative d’agrément des sociétés agréées au motif qu’elles ne peuvent être juges et parties, elles semblent tout de même intéressées à participer d’une façon ou d’une autre à notre projet», constate Thierry Moreau Defarges.
Enfin, l’association a décidé de s’engager dans de nouveaux projets. Elle s’interroge actuellement sur une éventuelle participation à la gestion des produits vétérinaires, des produits cosmétiques, ou encore des Dasri (déchets d’activités de soins à risques infectieux). Concernant ces derniers, une filière REP (responsabilité élargie du producteur) verra le jour début 2011 (la date du 1er janvier 2010 semblant utopique, puisque le décret est toujours attendu). «Nous allons présenter très prochainement une plate-forme aux pouvoirs publics. On souhaiterait par exemple impliquer les points de collecte existant pour les MNU afin qu’ils accueillent les Dasri des particuliers», explique Jacques Aumonier, secrétaire général de Cyclamed, qui mène la réflexion sur ce sujet pour l’association.

(1) Dans le JDLE «Cyclamed remis en question»
(2) En 2008, presque trois milliards de boîtes de médicaments ont été mises sur le marché en France, ce qui représente environ 170.000 t, dont 71.000 t d’emballages.


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