Crue de la Seine: des réservoirs remplis pour anticiper la sécheresse

Le 03 juin 2016 par Stéphanie Senet
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Le lac artificiel de Pannecière a été rempli pour pallier un manque d'eau en été
Le lac artificiel de Pannecière a été rempli pour pallier un manque d'eau en été

Face à la crue du Loing et de la Seine, inutile de chercher une solution auprès des 4 grands lacs-barrages de la Seine. Remplis pour pallier un éventuel manque d’eau estival, ils s’avèrent totalement inefficaces en cas d’un débordement en juin.

Le remplissage annuel des réservoirs de la Seine symbolise à lui seul l’inadaptation des politiques de prévention des inondations. «Ils ont été conçus entre 1950 et 1970, en se basant sur les scénarios des crues du XXe siècle, qui se sont tous produits en janvier ou en février», relève Vazken Andreassian, directeur adjoint scientifique d’Irstea[1].

Résultat: alors qu’un barrage destiné à écrêter une crue doit toujours être vide, ceux-ci ont été remplis selon un calendrier établi par la préfecture d’Ile-de-France. «Les autorités ont décidé de les utiliser pour parer d’éventuels manques d’eau pendant l’été. Ils doivent servir à diluer les eaux issues des stations d’épuration, garantir un approvisionnement en eau potable ou encore alimenter la centrale nucléaire de Nogent-sur-Marne», précise l’hydrologue.

Les lacs de Pannecière (Morvan), du Der (près de Saint-Dizier), d’Orient et d’Aube (près de Troyes) sont seulement vides pendant l’hiver. Ensuite, ils sont progressivement remplis jusqu’en juin, ce qui explique que leurs capacités totales soient quasiment atteintes ce 3 juin. Ils seront de nouveau vidés à partir de septembre.

«De toutes façons, ils n’auraient servi à rien même s’ils avaient été vides puisqu’ils se trouvent en amont de la zone de crue», précise Vazken Andreassian. Selon lui, il est nécessaire de prendre en compte ce que les hydrologues appellent «le lit majeur de la rivière», c’est-à-dire les zones inondées dans l’histoire pour y adapter la politique d’occupation des sols. «Mais aucun changement ne se produit jamais après ce type d’événement car les intérêts financiers s’avèrent très importants», déplore-t-il. Seule une réforme profonde de la prévention des crues, basée sur la mémoire ancienne, pourrait pourtant prévenir de nouvelles catastrophes (voir l’interview de l’historien Emmanuel Garnier).

 



[1] Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture

 



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