Cruas-Meysse: hausse anormale de tritium dans l'eau

Le 10 février 2005 par Christine Sévillano
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centrale cruas
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Les équipes techniques de la centrale de Cruas-Meysse recherchent depuis un an l'origine de l'augmentation anormale de tritium, un isotope de l'hydrogène, dans l'eau. Un pic de 990 Bq/l a été atteint la semaine dernière inquiétant fortement la Drire de la région Rhône-Alpes qui a demandé à l’exploitant de la centrale de lui remettre un dossier d'expertise le mois prochain. En cause: l'étanchéité d'une citerne de stockage.

La centrale nucléaire EDF de Cruas-Meysse (Ardèche) doit faire face à une hausse importante du tritium dans l'eau courante de son usine qui l'a contrainte, lundi 31 janvier, à demander à ses 1.250 salariés de ne plus consommer que de l'eau en bouteille. Le tritium est un isotope  radioactif de l'hydrogène produit dans les réacteurs par fission ternaire, par réaction des neutrons avec le bore de l'eau du circuit primaire des REP «La difficulté liée à ce gaz est son moyen de propagation. Il se diffuse au travers de nombreuses matières, même du plastique, du verre ou du béton», explique Christophe Quintin, responsable de la division de la sûreté nucléaire et de la radioprotection de la Direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (Drire) de Rhône-Alpes.

La direction de la centrale en a pris toute la mesure puisque depuis un an, elle cherche la source de cette augmentation de tritium dans l'eau. C'est au cours d'un renforcement des points de mesures dans le cadre de la remise à jour de l'autorisation de son installation qu'elle a observé l'anormalité pour la première fois. Les techniciens avaient alors placé des capteurs dans la station d'épuration de la centrale, où aucune molécule de tritium n'aurait dû ressortir. «Il s'agit d'une pollution très localisée puisque les foreuses qui analysent la pollution des nappes souterraines n'ont pas décelé l'élément chimique. Seules les veines qui servent d'eau potable sont touchées», poursuit Christophe Quintin.

En février 2004, les appareils indiquent 100 becquerels par litre d'eau (Bq/l). En début d'année, une hausse a été perceptible et le lundi 31 janvier 2005, la concentration est grimpé à 990. «Le seuil reconnu avant de prendre des mesures est celui de l'Organisation mondiale de la santé à 7.600 Bq/l. Il n'existe pas de valeur limite nationale réglementaire, mais nous avons demandé à la direction de Cruas d'interdire comme elle le peut la consommation de l'eau à partir de 800 Bq/l, soit dix fois moins que l'OMS», affirme le responsable de la Drire.

En un an, la concentration a oscillé selon les découvertes de la direction de la centrale qui recherche activement l'origine de ce phénomène. «Nous sommes sûrs à 99,9%, et après avoir vérifié toutes les autres hypothèses, qu'il s'agit d'un défaut d'étanchéité sur une citerne de stockage. Sur les six existantes, trois sont incriminées», explique Brice Sauvan-Magnet, chef de la communication de la centrale. Ces trois cuves ont été vidées progressivement et vont faire l'objet d'une réfection. Outre le grenaillage qu'elles vont subir, à savoir un décapage au sable et à certains granules, elles vont être enduites d'un revêtement interne plus résistant et de peintures de hautes-technologies pour éviter la diffusion. Des travaux que la direction espère avoir achevés dans un mois et demi.

Les risques sanitaires du tritium ne sont pas très élevés à faible concentration. «Pour être en danger, il faudrait boire deux litres d'eau à 78.000 Bq/l», conclut Christophe Quintin. La Drire devrait désormais davantage prendre en compte ce risque dans les autres centrales. Pourtant selon la centrale de Cruas, elle seule est équipée de ce type de citernes dont le revêtement s'est altéré avec le temps.




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