Cronobacter, pas si rare que ça

Le 27 août 2014 par Romain Loury
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Le lait maternisé, vecteur de Cronobacter
Le lait maternisé, vecteur de Cronobacter

Surtout connue du nouveau-né, l’infection alimentaire par la bactérie Cronobacter spp. pourrait au final être plus fréquente chez les personnes âgées. Voire bien plus qu’on ne le pensait jusqu’alors, révèle une étude publiée dans la revue des centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC), Emerging Infectious Diseases (EID).

Longtemps appelée Enterobacter sakazakii, Cronobacter spp. est une bactérie peu connue. Et pour cause: les infections recensées sont rares, de l’ordre de 6 par an dans le monde. En 50 ans, seuls 130 cas ont été décrits, dont 27 mortels. Une incidence certes faible, mais que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses) juge «sans doute sous-estimée».

Si elle est rare, Cronobacter spp. n’en est pas moins redoutable: première victime, le nouveau-né décède dans 40 à 80% des cas, en général d’une méningite ou d’une septicémie. Vecteur le plus fréquent, le lait en poudre, contaminé sur le site de production. C’est d’ailleurs de tels produits qui ont été responsables, en 2005, d’une série de 9 cas en France dans 5 hôpitaux (2 nourrissons sont décédés).

Deux fois plus fréquente chez les personnes âgées

Les nourrissons ne sont toutefois pas les seuls à recourir aux aliments en poudre: pour raisons médicales, les personnes très âgées peuvent aussi être amenées à en consommer. Et contrairement à ce que l’on pensait, elles pourraient même être plus sensibles à Cronobacter. C’est ce que révèle l’étude publiée par les CDC dans la revue EID, la première aussi complète menée aux Etats-Unis.

Fruit d’une analyse du réseau FoodNet, qui ne porte que sur 10 des 50 Etats américains, elle recense 544 cas d’infection par Cronobacter survenus dans 6 Etats entre 2003 et 2009, bien plus que ce à quoi les chercheurs s’attendaient. Parmi ces cas, 37% étaient observés chez des personnes de plus de 70 ans, contre seulement 4% chez les enfants de moins d’un an. Dans l’ensemble, ces derniers ont deux fois moins de risque d’être atteints que les personnes âgées. Chez celles-ci, l’incidence est estimée à 3,93 cas annuels pour 100.000 personnes.

Les nourrissons ont en revanche plus de risque de contracter une septicémie, complication la plus grave de l’infection -ce qui explique pourquoi ils font l’objet d’une plus grande attention. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), le moyen le plus sûr d’éviter de telles infections consiste à reconstituer le lait à une température d’au moins 70°C.



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