Cristaline lourdement condamnée pour avoir dénigré l’eau du robinet

Le 17 avril 2015 par Stéphanie Senet
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Un visuel de la campagne Cristaline diffusée en 2007
Un visuel de la campagne Cristaline diffusée en 2007

Le groupement d’intérêt économique (GIE) Cristaline et la société Neptune[1] ont été condamnés, le 16 avril, à 100.000 euros d’amende par le tribunal de grande instance de Paris pour avoir dénigré l’eau du robinet dans une campagne publicitaire datant de 2007, réalisée par l’agence Business.



[1] Société qui gère l’eau Cristaline

 

 

«Qui prétend que l’eau du robinet a toujours bon goût ne doit pas en boire souvent», scandait l’une des trois affiches de la campagne épinglée par la justice (cf. photo). Si le bureau de vérification de la publicité avait émis un avis défavorable, la plainte avait été déposée par le producteur et distributeur d’eau potable de la capitale, Eau de Paris, qui s’était constitué partie civile.

«Je ne bois pas l’eau que j’utilise»

La deuxième affiche montrait un robinet, où trois flèches rouges indiquaient la présence de plomb, de chlore et de nitrates. En légende, on pouvait lire «je ne fais pas d’économie sur l’eau que je bois». Enfin, le dernier visuel montrait une lunette de toilettes, barrée d’une croix rouge : «je ne bois pas l’eau que j’utilise».

Les magistrats ont jugé la publicité comparative illicite (mais n’ont pas reconnu la pratique commerciale trompeuse) et estimé qu’elle «nuit au fonctionnement régulier d’un service public et à la santé publique». Résultat: le TGI de Paris a condamné Cristaline à 100.000 € d’amende ainsi qu’à 50.000 € de dommages-intérêts pour chaque partie civile: Eau de Paris et le Syndicat des eaux d’Ile-de-France (Sedif) (et un euro à l’association de consommateurs UFC-Que Choisir). Par ailleurs, la société d’exploitation des sources Roxane, et le PDG de Cristaline, Pierre Papillaud, ont été condamnés à 20.000 € d’amende. Le président de l’agence de publicité Business écope quant à lui de 5.000 € d’amende.

Célia Blauel, présidente d’Eau de Paris, s’est bien sûr félicitée de ce jugement «exemplaire». «L’eau est un produit vital, rare, de première nécessité. D’une manière générale, je déplore que des entreprises fassent du profit sur l’eau», a-t-elle déclaré. Elle a ajouté qu’elle allait proposer au conseil d’administration d’Eau de Paris de reverser les dommages-intérêts à des associations lançant des activités de sensibilisation sur les économies d’eau.

 



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