Crises sanitaires : les Français ne font plus confiance à l’Etat

Le 17 décembre 2010 par Célia Fontaine
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L’Observatoire des risques sanitaires a présenté, le 16 décembre, les résultats de l’enquête 2010 sur l’évolution de l’opinion face aux risques sanitaires.

« La crise de confiance dans le politique s’aggrave », notent Vae Solis Corporate, cabinet de conseil en stratégie d’information et l’institut de sondage OpinionWay, qui ont publié les résultats de l’étude.

Les différentes instances de pouvoir, supposées délivrer la juste information, ne sont plus considérées comme des sources crédibles pour la population quand une crise sanitaire survient. Les chiffres sont parlants : l’Union Européenne est digne de confiance en premier et deuxième choix pour 12 % des Français, le gouvernement pour 6 %, les élus locaux pour 4 % et les parlementaires pour 2 %.

Echaudés par la surmédiatisation de la grippe A, 45 % des Français estiment que le gouvernement en fait trop. Ils sont uniquement seulement 30 % à trouver qu’il réagit correctement face aux risques de santé publique et 25 % pas assez.

Pour la première fois depuis 2005, le niveau général des craintes est sensiblement en baisse. La lassitude semble gagner du terrain en 2010. Pourtant, encore une majorité de la population se déclare consciente et inquiète des risques potentiels dans le domaine de la santé (respectivement 81 % et 73 %) et pensent que les crises vont augmenter. Il y a donc « un manque de confiance dans le progrès scientifique, censé améliorer les conditions de vie », analyse l’étude.

Alors qui croire dans une situation de crise sanitaire ? Les Français font d’abord confiance aux chercheurs/scientifiques[1] (66 % les citent en premier et deuxième choix parmi les détenteurs d’une information crédible), et, aux associations, qui voient leur capital « crédibilité » passer de 35 à 51 % de 2005 à 2010. « « La confiance des Français lors des crises sanitaires est donc une confiance qui s’appuie bien sûr sur la connaissance ou l’expertise, incarnée par les scientifiques, mais aussi sur le degré d’éthique prêté aux porte-parole. Elle bénéficie donc aux associations », conclut Arnaud Dupui-Castérès, Président président de Vae Solis Corporate.



[1] Parallèlement, l’OMS, considérée en 2005 par 53% des Français comme une source d’information fiable, l’est aujourd’hui pour 47%.



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