Crise alimentaire mondiale: une menace sous-estimée

Le 24 juillet 2017 par Romain Loury
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
Le maïs sous la menace du réchauffement
Le maïs sous la menace du réchauffement

Le risque d’une sécheresse affectant simultanément plusieurs grandes régions agricoles mondiales est très sous-estimé, selon une étude menée par le service britannique de météorologie, le Met Office. Pour le maïs, il atteindrait ainsi 6% par décennie.

Alors que, selon la FAO[i], il faudra produire 60% plus d’ici à 2050 pour nourrir les 9,1 milliards de Terriens qui peupleront la planète, l’agriculture mondiale est fortement menacée par le réchauffement climatique. Or selon une étude publiée par des chercheurs du Met Office dans les Environmental Research Letters, le risque d’un choc mondial demeure très sous-estimé.

Les chercheurs ont étudié le maïs, dont 60% de la production mondiale est assurée par les Etats-Unis et par la Chine. Pour cela, ils ont tenté d’évaluer le risque que ces deux pays soient simultanément frappés par des sécheresses anéantissant les récoltes, ce qui compromettrait fortement la sécurité alimentaire mondiale.

Or les observations des dernières décennies ne suffisent pas: «la façon dont nous cultivons, et  où nous cultivons, a considérablement changé au fil du temps, ainsi que le climat et la probabilité d’évènements extrêmes. Cela signifie que le nombre de données historiques adaptées à la situation actuelle est faible, ce qui limite notre capacité à bien estimer le risque», explique Chris Kent, principal auteur de l’article.

Situation inédite, mais désormais possible

Les chercheurs ont donc recouru à la modélisation climatique, effectuant près de 1.400 simulations. Ce qui leur a permis d’inclure la possibilité d’évènements extrêmes jusqu’alors jamais observés, et d’évaluer les cas où de tels évènements surviendraient simultanément dans plusieurs zones –en l’occurrence les Etats-Unis et la Chine.

Résultat: la probabilité d’une sécheresse historique dans les deux pays, entraînant une chute des rendements de maïs, est de 6% par décennie. «Dans un tel scénario, les impacts seraient ressentis à l’échelle mondiale. C’est la première fois que ce risque de sécheresse affectant plusieurs contrées est quantifié. Une telle situation n’a pas été observée ces 30 dernières années, mais notre étude montre qu’elle est tout à fait possible avec le climat actuel», ajoute Chris Kent.

En 2015, d’autres chercheurs britanniques avaient estimé que dans un scénario tendanciel (rendements réduits par le changement climatique, demande alimentaire en hausse constante), une rupture pourrait avoir lieu dès 2040, avec une demande qui ne serait plus satisfaite. Et ce au risque de nombreuses émeutes de la faim, qui accroîtraient les troubles politiques.



[i] Organisation des Nations unies pour l’agriculture et l’alimentation

 



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus