Création d’un office franco-allemand sur les énergies renouvelables

Le 07 février 2013 par Marine Jobert
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Le ministre allemand de l'environnement engage 20 Md€ par an dans les ENR
Le ministre allemand de l'environnement engage 20 Md€ par an dans les ENR

Delphine Batho et Peter Altmaier ont porté sur les fonts baptismaux l’office franco-allemand pour les énergies renouvelables. La ministre française de l’écologie et son homologue allemand, «constatant l’existence de choix nationaux différents en matière de bouquet énergétique, mais aussi une forte similitude des défis rencontrés dans la transition énergétique des deux pays», estiment indispensable de renforcer la coopération entre les deux pays. Aucune structure dédiée ne sera créée; des moyens seront dégagés au sein même des ministères. Les défis technologiques, climatiques et économiques sont similaires entre les deux pays, mettons en commun nos problèmes et nos savoir-faire, ont expliqué les ministres.

C’est à cet exercice délicat du «partage d’expériences» auquel s’est bien volontiers plié Peter Altmaier. Dans un excellent français, le ministre fédéral de l’environnement, de la protection de la nature et de la sécurité nucléaire d’Allemagne a été le premier à s’exprimer devant le conseil national du débat sur la transition énergétique. «Vue de France, la question énergétique en Allemagne est passionnelle», a déclaré Laurence Tubiana en ouverture des débats. «La transition énergétique a commencé clandestinement en Allemagne», a rappelé Peter Altmaier, «par le vote d’une loi qui encourageait financièrement les énergies renouvelables à des tarifs fixes et pour une durée assurée de 20 ans. Cette décision simple a provoqué une vague d’investissements: au nord ont poussé des éoliennes; au sud se sont multipliés les toits solaires. Du nord au sud, 7.800 usines méthanisation sont sorties de terre. Et partout en Allemagne ont poussé des idées et des initiatives pour changer la façon traditionnelle d’approvisionnement», a raconté le ministre. Aujourd’hui, 23% de l’électricité est produite par des énergies renouvelables. L’énergie produite par les panneaux solaires correspond à la production d’électricité de 20 centrales nucléaires. Selon les estimations, la part des renouvelables montera à 35-40% d’ici 2020, avec pour but d’atteindre les 80% d’énergies renouvelables d’ici 2050.

Et le ministre d’insister: «C’était un projet ambitieux, considéré comme irréaliste à l’époque. Ce sont ceux qui ont osé rêver, ceux qui ont investi dans les renouvelables, qui ont changé la réalité en Allemagne.» La décision de fermer les 8 centrales nucléaires en 2011 a remis la question des renouvelables sur le devant de la scène -«le grand public a réalisé que le pays était confronté à un défi majeur, quelque chose sans précédent dans l’histoire de l’industrialisation mondiale»- d’autant que le bilan en termes d’emplois est bon, puisque le secteur emploie 380.000 personnes. Il a rappelé que les agriculteurs sont très intéressés par ces énergies, s’assurant des compléments conséquents en louant leurs terres pour l’éolien, le solaire ou en assurant des débouchés à leur production agricole.

La question de l’acheminement de l’électricité sur les points de consommation est centrale: «Techniquement, ce que nous faisons requiert une reconstruction quasi totale de notre réseau électrique, puisque les énergies renouvelables se trouvent surtout dans les régions rurales, avec peu industrie et une densité moindre. Cela représente des investissements de 30 à 40 milliards d’euros pour les 10 ans à venir. Cela n’est pas tant d’argent que ça, puisque ces investissements sont de toute façon nécessaires pour la rénovation d’un réseau électrique qui date d’après guerre», a t-il expliqué.

Le coût estimé de 20 Md€ par an engagés dans les renouvelables, «ce sont des coûts, mais ce sont aussi des bénéfices. Nous avons importé moins de gaz et de pétrole grâce aux renouvelables et nous avons dépensé l’argent à l’intérieur du pays. Quand je parle au Medef allemand, ils me mettent en garde quant au prix de l’électricité. Alors je leur propose de geler les renouvelables. Mais alors ils répondent que le secteur de l’acier, par exemple, dépend désormais des éoliennes. Nous sommes devenus interdépendants!». Avant de préciser que 90% des éoliennes aujourd’hui installées en Allemagne ont été produites en Chine…

Le ministre allemand a comparé la question des énergies renouvelables au tournant de l’électronique dans les années 70, puis de l’informatique dans les années 80. «Nous sommes à la troisième vague d’industrialisation de l’après-guerre. La restructuration technologique de la région Europe ne doit pas être ratée.» Encourageant la France, et plus largement les pays européens, à adopter une politique tarifaire incitative, mais limitée dans le temps.

 



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