Craintes pour le lynx jurassien

Le 01 mars 2016 par Romain Loury
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Une centaine de lynx en France
Une centaine de lynx en France
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Le lynx français est-il de nouveau menacé? C’est ce que craint l’équipe du centre Athénas, dans le Jura, qui fait état d’une forte mortalité en 2015. Cause la plus probable selon son directeur Gilles Moyne, le braconnage.

Avec une population estimée à une centaine d’individus en France, dont une très grande majorité dans le Jura, le lynx boréal présente un statut fragile en France, et il est étroitement surveillé par l’Office national de la chasse et de la faune sauvage (ONCFS). Or l’année 2015 pourrait avoir été très mauvaise pour ce félin.

Dans un courrier adressé au ministère de l’environnement, le centre Athénas, centre de soins pour la faune sauvage du Jura basé dans la commune de L’Etoile (Jura), spécialisé dans la conservation du lynx, fait état de 8 interventions pour sauver de jeunes lynx orphelins en 2015. Le centre a réussi à en sauver 4 sur les 9 récupérés.

En 6 mois, 25% des femelles lynx du Jura seraient ainsi décédées, ce qui pose «un réel problème de sex-ratio», indique Gilles Moyne, contacté par le JDLE. A moins qu’un nombre similaire de mâles aient disparu, ce qui est plus difficile à savoir, puisque la disparition de femelles se remarque à cause des portées orphelines.

Au total, «ce sont 10 adultes et 16 jeunes au minimum qui ont disparu dans le plus grand silence entre le 10 septembre et le 31 décembre. Ceci est plus de deux fois supérieur à la mortalité habituellement constatée pour l’espèce», indique le centre Athénas dans un communiqué. A un tel niveau de mortalité, «il ne restera que 4 individus en 2024», avance Gilles Moyne.

Des animaux braconnés?

«La cause la plus probable, c’est le braconnage», ajoute-t-il. Certes, les discours anti-lynx sont moins bruyants que ceux qui concernent le loup. «Je ne peux faire état que de rumeurs, mais quand on écoute les discussions, on entend des choses pas très encourageantes, il existe une forte opposition au lynx», indique le directeur du centre Athénas.

En cause, la compétition supposée entre lynx et chasseurs vis-à-vis du chevreuil. Pour Gilles Moyne, le problème est illusoire: «Les lynx doivent consommer en tout 2.000 chevreuils par an, on est loin du plan de chasse de 6.000 par an et des 4.000 qui meurent chaque année des suites d’une collision», explique-t-il.

Contactée par le JDLE, Delphine Chenesseau, en charge du dossier à la délégation Bourgogne Franche-Comté de l’ONCFS, se montre prudente, en l’attente des résultats des prochains suivis du lynx.

«Pour l’instant, l’aire de répartition ne diminue pas, on préfère voir à long terme, rien n’est vérifié actuellement», explique-t-elle. Si «cette année a en effet été exceptionnelle» en termes de signalements, peut-être est-ce le fait d’une meilleure détection des portées abandonnées, ajoute-t-elle.



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