Covoiturage: comment desserrer les freins

Le 06 octobre 2017 par Marine Jobert
Imprimer Twitter Facebook Linkedin Google Plus Email
L'important est de trouver la bonne rémunération.
L'important est de trouver la bonne rémunération.

Déposer son fils à l'école. Accompagner sa mère à la gare. Convoyer sa fille à son cours de taekwondo. Le covoiturage sur de courtes distances est une réalité... essentiellement familiale, qui explique en grande partie le faible taux d'occupation des véhicules: 1,3 passager en moyenne. IDF Mobilités donne un coup de pouce financier et logistique au covoiturage, dans une région qui peine à s'y mettre pour les déplacements domicile-travail.


Hors du cocon, point de partage. Ou très peu, en dépit du fait que 60% des déplacements quotidiens des Français font moins de 80 kilomètres et que quasiment 9 sur 10 ont lieu en voiture. Certes, plus la distance parcourue grandit, plus l'habitacle se remplit. Mais le phénomène de l'autosolisme reste, pour les déplacements domicile-travail, la règle Avec son cortège de nuisances (bruit, pollution atmosphérique, perte de temps, stress) très couteuses pour la société dans son ensemble.

Tous ensemble pour le covoiturage

Mais comment faire lâcher le volant -ou ouvrir les portières- à des travailleurs souvent en retard, accrocs à leurs petites habitudes et peu disposés à prendre en charge un inconnu juste parce qu'il vit ou exerce son activité dans le même secteur qu’eux? C'est la question que s'est posée Ile-de-France Mobilités, qui a lancé le 1er octobre dernier et jusqu'à la fin décembre, l’opération ‘Tous ensemble pour le covoiturage’. Le principe est simple: en consultant l'application mobile Vianavigo, il est désormais possible de connaître, outre les autres modes de déplacement franciliens, tous les trajets en covoiturage proposés par 17 entreprises du secteur sur un trajet donné. L'ex-STIF versera 2 euros à chaque trajet réalisé, jusqu'à 50.000 € par entreprises.

La Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) publie ce 6 octobre une étude sur les financements publics consacrés au covoiturage. En additionnant l'usage des infrastructures routières (50%), les fraudes sociales et fiscales, la compensation des pertes de recettes des transports collectifs et les politiques locales d'aide au covoiturage (5% du total), la fédération estime que ce sont près de 260 M€ qui ont été dépensés en 2015. Elle préconise notamment de revoir les règles fiscales et sociales de ce qu'elle qualifie d'économie collaborative et de mieux orienter les financements publics directs vers les déplacements pour lesquels il n'y a pas de concurrence avec les transports collectifs.

Des voies dédiées

Dans une région où 43% des habitants vont travailler en voiture, c'est au portefeuille qu'il faut parler pour parvenir à des changements d'usage, estime-t-on chez BlablaCar. Trois leviers ont été identifiés pour y parvenir. Valoriser le covoiturage par le gain de temps qu'il peut offrir (avec des voies réservées qui limitent les embouteillages). Mettre en avant les avantages pour se garer consentis aux voitures partagées. Inciter financièrement chaque partie, en espérant qu'à l'instar du covoiturage longue distance, chacune prenne l'habitude de partager son trajet quotidiennement.

Concilier les porte-monnaie

«Les conducteurs sont prêts à partager leur trajet quotidien pour quelques centimes ou euros, explique Diane Prébay, chargée du projet BlablaLine chez BlablaCar. Mais les passagers, eux, ont un référentiel tarifaire par rapport à ce qu'ils paient pour les transports en commun. L'enjeu est de trouver un juste milieu entre les attentes de chacun.» C'est là le nœud du problème, confirme David O'Neill, en charge des politiques de service à IDF Mobilité: «Ce n'est pas simple de les convaincre de changer leurs habitudes quand l'un voudrait 4 € et que l'autre n'est pas prêt à payer plus de 2 €.» D'où la décision de consentir ces 2 € de la part de l'autorité organisatrice des transports franciliens. A charge pour chaque entreprise de répartir comme elle l'entendra les 2 € entre les passagers et les conducteurs, certaines ayant même annoncé qu'elles accorderaient 2 € supplémentaires pour chaque trajet.

Un tiers de voitures en moins

Deux grandes cibles pour cette opération-test: ceux qui utilisent déjà la voiture pour se déplacer et seraient prêts à monter dans celle de leur voisin, et ceux mal dotés en transports en commun ou mal desservis la nuit. Pour les premiers, IDF Mobilités a calculé que le simple fait de remplir les voitures avec deux passagers en moyenne, au lieu de 1,3, suffirait à diminuer d'un tiers le nombre de véhicules en circulation. «Nous avons conscience qu'il sera long de faire changer les habitudes culturelles, admet David O'Neill. A nous de jouer sur trois facteurs: la facilité à trouver un covoiturage, les avantages financiers à partager un véhicule, les facilités de circulation.»



A suivre dans l'actualité :

Sites du groupe

Le blog de Red-on-line HSE Compliance HSE Vigilance HSE Monitor

Les cookies assurent le bon fonctionnnement de nos sites et services. En utilisant ces derniers, vous acceptez l’utilisation des cookies.

OK

En savoir plus