Covid-19: pas de vaccin avant un an

Le 02 avril 2020 par Romain Loury
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Une douzaine d'entreprises dans la course
Une douzaine d'entreprises dans la course
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Pour l’Agence européenne du médicament (EMA), aucun vaccin contre le Covid-19 ne sera disponible pour un usage généralisé avant au moins un an. Alors qu’une douzaine de produits sont en cours de développement, British American Tobacco affirme pouvoir doubler tout le monde en faisant produire un vaccin par des plants de tabac.

Cela pourrait être le mot final de l’épidémie en cours, celui qui empêcherait de nouvelles flambées de Covid-19 après ‘déconfinement’. A ce jour, le vaccin contre le SRAS-CoV-2 fait l’objet d’une douzaine de tentatives à travers le monde, a rappelé l’EMA, agence européenne basée à Amsterdam, mardi 31 mars.

Parmi les coureurs, seuls deux (l’Américaine Moderna, la Chnoise CanSinBIO) mènent déjà des essais cliniques de phase I. Cette phase constitue la première étape de test chez les humains, avant les phases II et III (de taille croissante), sur la base desquelles les agences réglementaires du médicament (EMA dans l’UE, Food and Drug administration aux Etats-Unis) donnent ou non leur feu vert à un produit.

Quant à l’arrivée sur le marché d’un premier vaccin anti-Covid19, l’EMA se montre prudente: «en général, les délais de développement des produits pharmaceutiques sont difficiles à prédire. Selon son expérience en matière de vaccins, [l’agence] estime qu’il faudra au moins un an avant qu’un vaccin soit prêt à être approuvé, et disponible en quantités suffisantes pour un usage large».

Big Pharma et Big Tobacco dans la course

S’il ne prévoit de tester chez l’homme qu’en septembre, Johnson & Johnson, géant pharmaceutique américain, met les bouchées doubles. Alors qu’il vient tout juste d’identifier son candidat-vaccin, celui qu’il prévoit de développer, J&J espère déjà le voir disponible pour une utilisation d’urgence dès début 2021.

Encore plus optimiste, British American Tobacco (BAT), plus connue pour ses cigarettes que pour ses actions en faveur de la santé humaine: avec l’aide d’une de ses filiales, Kentucky BioProcessing (KBP), l’entreprise est à la recherche d’un vaccin produit dans des feuilles de tabac.

Pour cela, KBP a introduit dans la plante un gène codant pour un antigène du SRAS-CoV-2. L’antigène vaccinal, isolé et purifié, est actuellement en phase de test préclinique –c’est-à-dire qu’il est testé chez l’animal. Selon BAT, qui souligne la rapidité de production des antigènes par le tabac, ce candidat-vaccin pourrait être produit, dès juin, à hauteur de 1 à 3 millions de doses par semaine, dès juin. Une manière d’appâter les agences réglementaires, avec qui BAT est en cours de discussion pour la conduite d’essais cliniques.