Cours d’eau: une écotoxicité accrue par les herbicides

Le 09 septembre 2016 par Stéphanie Senet
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Un nouvel indice mesure les concentrations en fonction de leur écotoxicité
Un nouvel indice mesure les concentrations en fonction de leur écotoxicité

Si la présence des pesticides augmente dans les cours d’eau, leur écotoxicité est revenue, en 2013, au niveau de 2010-2011, selon une synthèse publiée ce 9 septembre par le Commissariat général au développement durable (CGDD). Elle diffère toutefois selon qu’il s’agit d’herbicides ou d’insecticides.

 

L’indice de concentration des pesticides dans les cours d’eau indique 90 en 2013, soit autant qu’en 2010 et 2011, contre 94 en 2012. Nouveau, cet indice est extrait du cumul des concentrations moyennes annuelles, pondérées par le seuil d’écotoxicité propre à chaque molécule. Un seuil représentant la concentration maximale sans risque pour les algues, les poissons ou les daphnies. Parti d’une base 100 en 2008, cet indice synthétise concentration et dangerosité de 313 pesticides surveillés dans 2.388 points d’observation en métropole et 69 points pour 88 molécules en Outre-mer. Pour mémoire, il existe environ 500 substances actives, des molécules organiques de synthèse pour la plupart.

 

Un indice basé sur l’écotoxicité

La formule de calcul de l’indice donne un poids prépondérant à une vingtaine de molécules, qui pèsent pour plus de la moitié des résultats. Ces molécules toxiques sont surtout des herbicides et, dans une moindre mesure, des insecticides.

Le glyphosate, par exemple, pèse peu dans cet indice, alors qu’il est le pesticide le plus vendu, et aussi le plus répandu dans les cours d’eau. Son seuil d’écotoxicité est en effet largement supérieur à la médiane: 28 microgrammes par litre contre 0,32 µg/l. A l’inverse, l’heptachlore compte pour beaucoup. Il est peu présent mais son écotoxicité est très élevée, ce qui lui a valu une interdiction depuis 1992.

Plus largement, cet indice produit donc des résultats très différents du suivi du plan Ecophyto NODU (nombre de doses unité), qui affiche une hausse permanente depuis 2009. Selon celui-ci, le recours aux pesticides a progressé de 9,4% entre 2013 et 2014.

 

Insecticides en hausse, herbicides en baisse

Si l’écotoxicité des pesticides reste stable, elle est en réalité en hausse pour les insecticides et en baisse pour les herbicides.

La progression liée aux insecticides s’explique par la hausse de l’imidaclopride dans les cours d’eau. Ce néonicotinoïde est le second pesticide le plus vendu en France en 2013.

De leur côté, les herbicides comptent à hauteur de 60 à 70% de l’indice global. Si leur tendance est à la baisse, ils ont toutefois affiché un rebond en 2012.

 

Des interdictions pas toujours efficaces

L’interdiction du diuron en 2008 a eu un effet positif sur les cours d’eau, le reléguant à la 15e position en 2013 alors qu’il était encore second en 2007, à cause d’une forte utilisation dans les exploitations agricoles et pour l’entretien des voiries.

Les pesticides autorisés ont connu, pour leur part, une progression ponctuelle de 8% en 2012 à cause d’une hausse de l’utilisation de deux herbicides, l’acétochlore et le métolachlore, spécifiques de la maïsiculture. Leur sort diverge ensuite, puisque l’acétochlore diminue en 2013 grâce à son retrait du marché, alors que le métolachlore poursuit sa progression.

Les pesticides interdits avant 2008 décroissent régulièrement mais leurs concentrations restent élevées dans les cours d’eau. C’est en particulier le cas de l’atrazine et de son produit de dégradation l’atrazine-déséthyl, qui s’avère très persistant dans les milieux aquatiques. Il ne sort toujours pas du top 10 des pesticides les plus répandus.

 

Temps pluvieux, pesticides nombreux

La note du CGDD montre que la persistance des pesticides dans les cours d’eau varie en fonction des conditions climatiques. L’humidité, la température et les précipitations accroissent en général leur présence. La hausse observée en 2012 est d’ailleurs due, en partie, à un printemps pluvieux, notamment dans le Sud-ouest.

Enfin, sur le plan géographique, l’écotoxicité est surtout à la hausse dans le bassin Adour-Garonne, qui concentre à lui seul la hausse des deux herbicides de la maïsiculture, l’acétochlore et le métolachlore.



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